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“Une autre fois, au mois de mai, j’ai été mis en concurrence avec
moi-même. Pendant qu’Au risque de vous plaire passait sur la
deuxième chaîne , on pouvait voir “Ca, c’est Claude François” sur la
première. Complètement dément!

J’ai eu la satisfaction d’occuper tout le samedi soir à moi tout seul,
ce qui a fait gueuler pas mal de gens. Mais le spectacle Claude François
était bien, il a été bien accueilli. C’était la pleine vogue de Claude
François, à l’époque. Et puis, j’avais construit cela comme un
autoportrait. Claude François posait des questions à Claude François.
Oui, c’était très bien.”
Louise Petit entre
Grosso et Modo.
En octobre 1966, “Au risque de vous plaire” succède à “Douche écossaisse”.
La tradition des “Raisins verts” se perpétue, sans Michèle Arnaud, qui produit
d’autres émissions ( notamment Tilt Magazine avec Michel Drucker comme
présentateur), sans Dirk Sanders, qui tourne des films. Averty travaille
désormais avec des ballets de Jean Guelis, qui resteront associés à ses
entreprises.

Muller et Ferrière, Grosso et Modo lui écrivent des sketches loufoques et
grinçants et les interprètent. Grosso et Modo, tandem désormais indispensable,
comme est indispensable Louise Petit, la strip-teaseuse, élevée, peu à peu, au
rang du mythe qui symbolise le vedétariat fabriqué.
“Averty se retouve producteur-réalisateur de cette émission dont il est entièrement
responsable. Averty: “ On m’avait collé sur la deuxième chaîne, qu’on était en train
de relancer auprès du public pour préparer l’arrivée de la couleur. C’était
paradoxal. Je faisais tout ce que je voulais, mais c’était vraiment une émission à
tirage très limité. ”
Adolf Averty, maître
après Dieu.
Personne ne la voyait, que les gens qui la faisaient et deux ou trois inconditionnels d’Averty qui avaient
envie de rigoler. Elle passait le samedi soir, le plus mauvais soir pour moi, puisque je ne pouvais pas
lutter avec la concurrence de la première chaîne et de ses émissions dites populaires.”


“ “ Au risque de vous plaire”, j’y tenais. C’était mon laboratoire. Pendant plusieurs années, j’ai essayé là
des choses que j’ai perfectionnées ailleurs. Et puis ça prolongeait la tradition des “ Raisins verts”.
Je démythifiais les chansons idiotes à succès, je prenais au premier degré les chansons socialodémagogi-
ques. Pour les chansons anecdotiques, j’illustrais une histoire. Cela marchait très bien avec Jean Guélis
et ses ballets, avec Grosso et Modo, qui sont petit à petit devenus mes meilleurs fournisseurs de sketch”.
( “Un homme averty” J.Siclier).