Le vendredi 12 juillet 1974 on programme le film “ Une balle au cœur ” sur la troisième chaîne.
Télémagazine publie un article de la main de Pierre Chatenier. “La télévision donne sa dernière
chance à Jean-Daniel Pollet”

Sorte de tragédie grecque qui tremperait ses
racines dans le western, “Une balle au
cœur” est
un film flamboyant, le second qu’ait tourné
Jean-Daniel Pollet , qui fut à ses débuts, en 1958,
considéré comme le jeune espoir, l’enfant
prodige, de cette “ nouvelle vague” qui
révolutionnait alors le cinéma français.

Il avait suffi, pour cela, d’un seul petit court
métrage au titre prometteur “ Pourvu qu’on ait
l’ivresse”. Chronique nostalgique et ironique des
bals populaires, ce petit film rapporta en effet,
un grand prix au Festival de Venise 1958. Tout
seul, à l’âge de 22 ans et en faisant son service
militaire, ce jeune loup, pratiquement avait fait
la découverte du cinéma - vérité .

Celui qui, du jour au lendemain, était devenu un
des plus sûrs espoirs du nouveau cinéma déçoit.
Au bout de quinze ans ce réalisateur n’a pas
encore réussi à sortir totalement de l’anonymat

Le succès du premier court métrage lui a valu des propositions de producteurs. Il ne se sent pas encore
suffisamment prêt pour tourner un grand film, refuse les adaptations de Série Noire qu’on lui propose.
Mais c’ést pour se lancer dans une entreprise qui va lui coûter cher. En 1959 Jean-Daniel Pollet se jette
dans la réalisation de son premier long métrage “La ligne de mire”. Quatre fois remontée, et encore
aujourd’hui inédite, “La ligne de mire” se transforme en cuisant échec pour le jeune cinéaste téméraire.

Il met deux ans à remonter la pente. Pour vivre il fait du cinéma publicitaire. Puis il réussit à tourner
un nouveau court métrage “
Gala”, un essai très formel sur l’utilisation de cinémascope. La rencontre
d’un mécène généreux lui permet ensuite de faire le tour du bassin méditerranéen, dont il ramène deux
films: “
Méditerranée”, un documentaire expérimental où les séquences sur la Grèce, La Turquie,

l’Egypte...s’emmêlent pour
illuster le thème de la simul-
tanéité des civilisations
autour de la même mer, et
Bassae” qui bénéficiait
d’un texte de commentaires
d’Alexandre Astruc.

C’est à ce moment-là qu’il
prend de passion pour la
Grèce où il va bientôt aller
réaliser son second long
métrage: “
Une balle au
cœur
”.