Il parle des “bides” , des films qu’il n’a pas pu faire aboutir ( p.ex. “La ligne
de mire” ) pour arriver à ce qui nous intéresse le plus , “Une balle au
cœur”.

Les écrans de la ville 24/02/66

Jean-Daniel Pollet

Dans cette interview on retrace la
carrière de Jean-Daniel Pollet,
cinéaste et auteur du film “Une balle au
cœur ”, son premier long-métrage.

L’interview est illustrée de séquences
de ses court-métrages “Pourvu qu’on
ait l’ivresse” (Grand Prix du festival de
Venise en 1958) et “ Méditerranée”
( 1963).

“ Mon film est une fable, ce n’est pas du tout quelque chose de réaliste sur un
personnage qui est amené à tuer beaucoup de monde et qui probablement
n’aurait pas cette histoire là si c’était une histoire vraie ”.

“ Comment arrivez-vous à faire rentrer votre mythologie personnelle et votre
expérience personnelle dans un sujet aussi arbitraire pour vous. ? ”

“En le prenant pour une fable. Ce qui m’intéressait c’était la trajectoire du
personnage, au cours de cette trajectoire il est amené à tuer mais c’est en fait
l’histoire presque d’un suicide, si vous voulez... qui aurait pu emprunter
beaucoup d’autres voies mais qui a emprunté celle de la commercialité.

“ Vous vous retrouvez-vous dans un des personnages ou dans les lieux où se
passe l’action , dans la façon dont s’est mis en scène, comment ?...

“ Je me retrouve dans le film dans la mesure où chaque plan pose des
problèmes presque ... moraux et que si le film est l’image de moi-même c’est
à travers la manière presqu’intuitive dont je tourne chaque plan. Mais en tout
cas c’est le fruit d’une exigence que je ressens et qui, par après, n’est pas à
être jugé par moi-même.”

“ Je suis reparti d’un autre point de départ, qui
était de faire un film dans un pays où les choses
sont plus économiques, la Grèce, pays que j’aime
et que je connais. Et on est parti sur une co-pro-
duction compliquée où les risques pour le co-pro-
ducteur français étaient limités. Donc en rapport
avec le peu de crédit que j’avais et puis alors, c’est
parti comme ça et les producteurs italiens et grecs
ont lâché. Le co-producteur français s’est retrouvé
tout seul avec finalement une responsabilité et des
risques énormes, mais ils m’ont fait confiance et
finalement le film a pu se faire.