Le rôle de Carla est merveilleusement tenu par Jenny (Tzeni) Karezi, une
actrice grecque. Elle est née ( nom Eugenia Karpouzi) à Athènes le 12/01/32
et décédée le 27/07/92 à la suite d’un cancer douloureux.

C’était une actrice très populaire et appréciée en Grèce qui jouait dans
plusieurs films à succès. Elle étudiait dans une école française privée à
Thessaloniki ce qui explique qu’elle parlait le français couramment. Elle a
débuté au théâtre et dès son premier rôle (dans “The Beautiful Helen” à côté de
Melina Mercouri) elle a connu un succès immédiat, comme au cinéma où elle
démarrait dans “Laterna ftoheia kai Filotimo” (“Les lanternes rouges”) (1955)
de Sakkelarios. Six histoires parallèles racontées pour montrer la chronique
des derniers jours de Pirée. La vie de six filles qui ont en commun la nostalgie
ou l'espoir d'un véritable amour mais la fatalité a raison de leurs envies.

En 1959 elle interprétait la chanson de Hadjidakis qui avait obtenu l’Oscar, “Mi ton rotas ton ourano”
( plus tard connu comme “All alone am I” , chantée par Brenda Lee). En 1963 elle jouait dans “Ta kokina
fanaria”, nommée pour un Oscar. En 1967 elle se mariait à Kostas Kazakos (acteur, régisseur, homme
politique), l’amour de sa vie. Le duo populaire montait des pièces de théâtre sophistiquées et intellectuelles.
Une pièce qui critiquait les dictateur grec leur valut qqs jours en prison. Dans les années 80 elle continuait
à produire et jouer des pièces assez difficiles ( Medea, Elektra,...).

Je l’ai vue dans “Une balle au cœur” ( projection privée à Bruxelles ) et Jenny était impressionnante.
C’est elle qui gagne le prix de la crédibilité en incarnant la femme qui a tout vu. C’est à juste titre que
Françoise Hardy affirmait que l’affiche du film fait tort à Jenny. L’affiche est dominée par Françoise,
c’est pourtant Jenny Karezi qui tenait le rôle féminin le plus important. Françoise n’apparaît que tard
dans le film ( nous restions vraiment sur notre faim) et on avait nettement l’impression que le montage
n’était pas terrible ou qu’on avait coupé une grande part. Il circule pas mal de photos de Françoise,
prises lors du tournage , qu’on ne voit pas dans le film.

Entre Francesco et Carla s’était tissé un étrange
lien. Elle n’était pas sa maîtresse, ne le serait
jamais. Ils étaient deux épaves.

The nobleman manages to win
the love of a pretty Greek bar
girl, played with worldweary
rightness by Jenny Karezy,
and a naive French touriste
done with gauche pouting
( maladroite et faisant la moue)
by singer Françoise Hardy.
Sami Frey does nothing but
pose as the hero.
( Variety 16/03/66 ).

Autour de Sami Frey, de l’
actrice Jenny Karezi (dont la
beauté rappelle celle de
Simonne Signoret), de Fran-
çoise Hardy un peu gauche et
un peu effarée, des gangsters,
décrits avec humour et
comme en train de jouer dans
une parodie de film policier.
( Le Monde 26/02/66 ).