La chanteuse Françoise Hardy, qui s’est
réveillée à midi, a préféré profiter de ce
jour ensoleillé pour faire des visites en
compagnie de son hôtesse, Maria Helena
Fleury (prénommée Lena). Elle a visité
quelques plages, fait des emplettes et posé
pour des photos à Copacabana.
Quand ces photos sont prises Lena est certainement dans
les parages. Dans son autobiographie “ Le désespoir des
singes” ( p. 104-107 ) Françoise parle du rôle important
que cette hôtesse-interprète brésilienne, qui deviendra sa
meilleure amie, a joué dans sa vie.
On a beaucoup vu Françoise hors du Maracanãzinho. 
Elle a préféré se promener seule. Elle aime beaucoup 
marcher, loin des curieux et des fans agressifs.
Cet article nous apprend que Françoise a préféré se tenir loin du programme officiel du festival. Elle a recherché le calme
de la nature, des arbres ... loin des caméras et appareils photographiques.  Au quartier Boticario on la retrouve,
simplement habillée, assise sur l'herbe. La foule lui fait peur et il lui arrive d'oublier les paroles de ses chansons à cause
des nerfs. Elle aime l'environnement local. Elle a le goût de vivre mais sourit rarement. Mais aujourd'hui elle passe un
bon moment assise à une table anonyme à São Conrado. Elle a pris un jus de canne à sucre comme on le lui a conseillé
dès son arrivée.

Françoise Hardy a 24 ans, mesure 1m72 et pèse 46 kilos. En plus de chanter elle pratique le yoga et la danse moderne
pour une  expression physique. Question de maintenir la forme et travailler son image publique. Finalement Françoise
fait ce qu’elle veut.

Elle ne participe pas aux réceptions et festivités du Festival. Elle déteste les rencontres formelles où on n’a rien à se dire.
Elle a à peine parlé aux autres artistes étrangers, exception faite pour Antoine. Ce sont les quartiers chaleureux et joyeux
de Rio qui l’attirent. Avec sa voix faible, un doux murmure, elle préfère chanter seule à Rio.
Françoise boit un jus de canne à sucre à São Conrado,  un quartier
“noble” de la zone sud de Rio, avec ses résidences destinées à une
haute classe sociale.
L’après-midi, lorsque Françoise Hardy regagne
l’hôtel pour louer une voiture, elle est surprise,
devant l’entrée, par la présence d’un fanatique
religieux qui porte un sanctuaire de Saint Lazare
sur la tête.

Françoise, curieuse, lui demande la signification
et l’homme explique qu’il s’appelle José Gomes
et qu’il habite Juazeiro. Contre paiement elle peut
obtenir une promesse de Saint Lazare, un miracle
ou la guérison d’une maladie.

C’est une scène typiquement tropicaliste. José
s’approche un peu d’elle pour réussir une bonne
photo.
Sur YouTube on pouvait voir un petit extrait
de Françoise chantant “A quoi ça sert” au
Festival de Rio, suivi par le N° 2 ( Paul Anka )
et N° 1 ( Cynara et Cybele ) de la finale.

Françoise n'a pas su se classer parmi les dix
premiers de la finale mais sa chanson lui a
valu un coq d'or.
Le nez retroussé et un tempérament latin, Francoise Hardy est vraiment l’enfant gatée du Festival. Sa voix hors micro est
faible, sa façon de parler trahit son ennui, mais elle reste tout de même la cible préférée des photographes et des chasseurs
d’autographes. Si le succès se mesurait en sympathie, Françoise recevrait certainement une évaluation indésirable.
- “Il me manquait l’inspiration à tous les points de vue” disait-elle. Le public féminin aimait sa tunique, signée
Yves Saint Laurent et les hommes son air guilleret.  (Jornal do Brasil 07/10/68).
Françoise Hardy dans le parc national Tijuca,
la forêt qui encercle littéralement Rio .
Correio da Manha 06/10/68
               Palmares de la finale


1. Brésil : Sabia par Cynara et Cybèle
2. Canada : This crazy world is coming undone par Paul Anka
3. USA : Mary par Michael Dees
4. Italie : Non Domandarti par Pino Donaggio
5. Andorre : Le bruit des vagues par Romuald
6. Monaco : Un dimanche après la fin du monde par Martine Baujoud
7. Japon : Sayonara Sayonara par Kyu Sakamoto
8. Norvège : I feel so strong par Kirsti Sparboe
9. Tchécoslovaquie : Lady Carnaval par Karel Gott
10. Suède : No one can say par Con's Combo
Pamonha
Frigideira de siri
Nous avons déjà dîné au Churrascarias
Recreio, Carreta, Majoriza et Chale Saico
dit Maria Helena Fleury
Françoise était une des premières à s’en aller, direction Paris.

Voici des photos (prises plus tard) de Françoise dans son
palazzo-pyjama qu’elle portait au Festival de la Chanson
Populaire.
Diario de Noticias  08/10/68
Correio da Manha 09/10/68
Quelques faits divers:

Françoise méritait une douzaine de roses. Elle a confié son
message sans détour.

Avant d’interpréter “A quoi ça sert” Françoise Hardy a bu
un peu de vin rouge pour se calmer. Elle était visiblement
nerveuse, ressemblant plus à une débutante bien qu’elle soit la
plus grande rivale de Sylvie Vartan. Françoise est arrivée à Rio,
un peu rauque et a refusé de fournir des déclarations à la presse
en voulant épargner sa voix pour le Festival.

Puis elle était plus extravertie, détruisant l'antipathie qu’au début
la presse éprouvait pour elle.
Avant de retourner à
Paris, Françoise Hardy,
toujours discrète, s’est
rendue à Chica da Silva
où elle a acheté un
grand coffre en cuir
pour son appartement.
Diario de Noticias  09/10/68
Françoise Hardy pense sérieusement à enregistrer sa propre version de “Sabia”. C’est ce que nous apprend sa compagne
qui accentue que Françoise n’est pas la personne capricieuse qu’on tente d’en faire. Sa timidité extrême est à l’origine
de sa difficulté d’établir des contacts avec les autres.

Habillée d’une veste rouge, pantalon noir et bottes, Françoise est très élogieuse sur le Festival et elle est d’avis que Sabia
a gagné à juste titre. Elle souligne que sa participation au Festival était satisfaisante dans la mesure où le public l’a
écoutée en silence, ainsi valorisant sa musique et sa présence.

Elle est venue au Brésil parce qu’elle tenait à revoir les Brésiliens mais elle est obligée de retourner immédiatement à
Paris où elle a certains engagements à accomplir. Sa chanson “A quoi ça sert” est déjà enregistrée à Paris et sortira
maintenant au Brésil avant qu’elle ne perde son originalité.

La chanteuse était honorée de recevoir, à son embarquement, un bracelet en pierres brésiliennes. C’était un admirateur
brésilien qui le lui a offert. Très satisfaite de son cadeau Françoise a mis le bracelet tout de suite.
La version de “A quoi ça sert” sur cet album brésilien, même si il ne dit pas que c'est la version du Festival, n'est pas la version
du LP français CLD 728 ( Blog Françoise Hardy - Mon amie la rose)
Il faut battre le fer pendant qu’il est chaud et Vogue sort le 7 octobre, le
lendemain du Festival, un 45 t sur lequel figure “A quoi ça sert ?” et sur la
face B un autre titre, “Ouverts ou fermés”, composé et écrit par Françoise Hardy.
Elle a enregistré les deux chansons avec l’orchestre de Jean-Pierre Sabard.

“A quoi ça sert” a été éclipsée par le succès de “Comment te dire adieu” qui
figure sur l’EP qui sort en novembre.
France  : Vogue V.45-1535
Au Brésil “A quoi ça sert” ne sort pas sur un 45t ou EP ( personne n’a fait
grand cas de sa chanson) mais Philips sort un album dont “A quoi ça sert”
est l’eye-catcher. La chanson et le Festival sont mentionnées sur la pochette.
L’album comprend l’EP sorti le mois de juin ‘68 en France et 7 titres de
l’album “Ma jeunesse fout le camp”, pas sorti au Brésil.
A peine deux mois plus tard Philips sort un deuxième
album qui est la pression brésilienne de l’album
“Comment te dire adieu”, Vogue CLD 728 France.
Cet album reprend également “A quoi ça sert”.
Les pochettes françaises des albums de Françoise
recourent toujours à des close-up du beau visage de la
chanteuse romantique tandis que “La companhia
brasiliera de discos” à Rio de Janeiro semble préférer
une Françoise “complète”, accentuant son côté
mannequin.
Le phénomène de la chanson française,
Françoise Hardy, a sorti un nouvel
album dont un titre se distingue,
“La Mésange”. C’est la version
française de “Sabia”, chanson de
Tom Jobim et Chico Buarque
de Holanda.

Depuis on l’appelle affectueusement
“La mésange française”.

Le reste de l’article traite de la
carrière de Françoise et reprend des
données assez connues.
Diario da Noite  24/06/69
Ce n’est qu’au Brésil que “La mésange” est sorti sur un
45t , comme face B du tube “Comment te dire adieu?”.

La belle version, un peu monotone, de Françoise
( paroles Franck Gérald ) n’arrive pourtant pas à faire
oublier le jeu subtil et magique des voix des sœurs  
Cynara et Cybele.

Malgré la popularité immense du compositeur (
aussi chanteur, poète, activiste contre le régime,... )
Chico Buarque de Hollanda, la chanson “Sabia” n’a
pas connu une vente spectaculaire.
Dans son livre “Tous les garçons et les filles” (avec Juliette Gréco en couverture). Liesbeth List, la
chanteuse hollandaise la plus célèbre, parle de la mésaventure de Françoise aux répétitions.

Liesbeth, attendant dans les coulisses son tour pour répéter avec l’orchestre, s’énervait comme la
répétition de Françoise, très exigeante sur le son et les lumières, s’éternisait.

A l’époque elle n’y voyait que des caprices de star. Aujourd’hui elle pense que Françoise avait
raison et que ce n’est jamais assez bien.

Liesbeth List a chanté “Des ronds dans l’eau” et la version anglaise “Now you want to be loved”
ainsi que “L’anamour”.
Jornal do Brasil 03/10/68
Intempérence française
Traitant d’imbécile  le violoniste Valtel Blanco, qui accompagne Françoise Hardy,
Franck Pourcel a nié qu’il aurait écrit l’arrangement de “A quoi ça sert” comme
Valtel Blanco avait annoncé. “Imaginez que cette nouvelle atteint l’Europe. Quelle figure
vais-je faire ?”.

Pourcel n'a jamais écrit la partition de l'arrangement, malgré les nouvelles propagées.
L’arrangeur c’est bien Jean-Pierre Sabar qui n’est pas venu au Brésil.

La difficulté surgit du fait que l’arrangement n’est pas fait pour être exécuté par un
orchestre de 80 musiciens. Hier, un nouvel arrangement s’imposait. On n’a pas
communiqué le nom du nouvel arrangeur.
Les problèmes créés par Françoise lors des
répétitions. Elle est descendue de scène à
plusieurs reprises. L’orchestre a passé plus
d'une demi-heure sur sa chanson et elle a à
peine chanté.
Correio da Manha 02/10/68
Jornal do Brasil 04/10/68
Jornal do Brasil 02/10/68
Problemas !
Françoise Hardy a essayé de répéter sa chanson , à deux reprises, mais à cause
d’erreurs dans la partition a décidé de reporter sa répétition à aujourd’hui.
Françoise Hardy qui s’est présentée après
l’espagnole Salome a rencontré des problèmes.

André Popp, qui dirigera l’orchestre, n’a pas encore
entendu l’arrangement que Frank Pourcel a fait pour
“A quoi ça sert ?”.

Au bout de plusieurs tentatives on a décidé que
Popp jetterait un coup d’oeil sur l'arrangement,
tandis que l'orchestre se repose pendant quinze
minutes

Et puis un autre problème se pose à la chanteuse.
Le violoniste Valtel Blanco, qui l’accompagnerait sur
scène, a une partition différente. Quand l’orchestre
se met à jouer il joue des notes différentes.

Françoise Hardy a décidé de suspendre la
répétition et de se retirer dans les coulisses en
attendant que Valtel ait une idée de ce qu’il doit jouer.
Cet après-midi aura lieu la première répétition de la
chanson française avec orchestre.
André Popp et Françoise Hardy en route pour les répétitions
Françoise s’entretient avec Francisco Negrão de Lima, gouverneur de Guanabara
A la réception au Palais, 
Françoise était vêtue d’un
long pantalon foncé et 
d’un chemisier. Une tenue 
très simple.

Le gouverneur Negrao 
déclarait que le palais 
était illuminé, comme 
jamais auparavant, par la 
lumière de toutes ces 
étoiles.
Parmi les autres interprètes en lice, se trouvent Tuca qui chante 
“Mestre sala”, Taiguara  (l'auteur du futur Rêve), Ana Lucia  
(qui reprendra plus tard L'anamour) et Os Mutantes (qui 
reprendront bientôt  “Le premier bonheur du jour).
Les gagnants du festival national. Les sœurs  
Cynara et Cybele, entourées des compositeurs de
“Sabia”, Chico Buarque et Tom Jobin (au milieu)
Françoise défend avec succès sa chanson le 4 octobre dans la seconde
demi-finale et permet à la France d'entrer en finale le 6 octobre en
concurrence avec 19 autres pays. Des finalistes qui retenaient l'attention.
Andorre : “Le bruit des vagues” par Romuald
Canada : “This crazy world” par Paul Anka
Pays-Bas : “L'oiseau qui s'est perdu” par Liesbeth List
Jamaïque : “Waterfall” par Jimmy Cliff
France : “A quoi ça sert ?” par Françoise Hardy
Italie : “Non domandarti” par Pino Donaggio
Luxembourg : “Jogo de futebol” par Antoine
Tchécoslovaquie : “Lady Carnaval” par Karel Gott
Octobre 1968
6 octobre 1968   III Festival Internacional da Cançao Popular
Françoise Hardy représente la France au Festival International
de la chanson populaire  à Rio de Janeiro (Brésil) avec une
chanson composée par elle-même "A quoi ça sert".
Le festival est subdivisé en deux volets : un volet national
( fin septembre) et un volet international (début octobre).
Chaque volet se déroule sur trois jours. Le gagnant du festival
national représente le Brésil au festival international.
En 1968 le gagnant du concours national est la chanson Sabia
chantée par les sœurs Cynara et Cybele.
Danemark : Vogue STU 42330
Françoise Hardy & Enrico Macias have been signed for Italian recordings with the CGD label. The contracting of these
two French stars was made known by CGD head Giuseppe Giannini when he returned from Paris. Both artists will be
with the firm in Italian territory only. Release of Macias’ first recording under the contract has already been made with
“La Citta’,” the Italian version of “La Vie Dans La Vie.” Immediate release for Francoise Hardy’s first product is also
scheduled, with the issue of “La Bilancia Dell’amore” (an Italian rendering of “Tiny Goddess.”) Miss Hardy is also
due to visit Milan at the end of this month to introduce the single and make an appearance on the weekly tv show
“Linea Contro Linea.”  
Cash Box — November 2, 1968
Françoise signe, chez elle, le nouveau contrat avec
CGD  (Compagnia Generale del Disco). Elle est assise
entre Lionel Roc et Giuseppe Giannini de CGD.
Billboard 26/10/68
Italie : Intimita N° 1181 , 14 Octobre 1968
Allemagne : Gong N° 42, 25 Octobre 1968
Avec des si : 24ème place
(info Juke-box Magazine N° 259  Spécial 68)
FRANCE
HITPARADE  octobre 1968
Françoise, de retour à Paris, fait la une des magazines pour
la jeunesse "Salut les Copains" et "Moins 20" , sorties le
1 novembre 1968 avec des reportages réalisés en
septembre/octobre .
Le disque porte la date du 20/10/68
Moi j'aime Salvador Dali  (voir août 1968)
Le cahier de Françoise + Une nuit chez Dutronc
M.A.T. N°48  1/11/1968