Septembre 1964(2)
Tournée brésilienne
12/9/64 - 20/9/64
Françoise Hardy s’est envolée samedi dernier (12 septembre) pour le
Brésil avec un jour de retard, l’avion qui devait l’emporter s’étant
“perdu” au-dessus de l’Atlantique.

C’est bien ma chance, dit-elle, je m’étais réservée une journée de
libre pour visiter Brasilia et faire un peu de shopping et je ne
connaîtrai du Brésil qu’un théâtre, un hôtel et des studios de télévision,
comme d’habitude.

Françoise restera dix jours au Brésil, mais elle doit chaque jour
enregistrer une émission de télévision et donner deux représentations.
Elle n’aura donc guère le temps de s’amuser. De toute façon, elle sera
chaperonnée par Madame sa mère.
Jean-Marie Périer, son fiancé, devait, dit-elle, venir avec moi. Cela fait un mois qu’il connaît la date de mon voyage et,
comme par hasard, il a du travail.
Françoise est boudeuse et dans ces cas-là elle accable Jean-Marie de tous les défauts et le rend responsable de tous ses
ennuis. Il est vrai que pour les deux fiancés la vie n’est pas commode, leur métier à tous deux est tellement envahissant
qu’ils ne se voient qu’une semaine par mois.

En revenant du Brésil, Françoise ne fera que passer à Paris. Elle s’envolera immédiatement pour l’Allemagne pour une
durée de dix jours...
Tilt N. 20  17/09/64
Le départ aurait donc été retardé en raison des problèmes de vaccination.
Le plus impressionnant, au départ, chez
Françoise Hardy, est la manière
informelle et presque décontractée dont
elle se  comporte face à son extraordinaire
succès.

La plus grande vedette de la chanson
française, avec plus de six millions de
disques vendus, au cours des quinze
derniers mois, l’idole de la jeunesse en
Europe, donne toujours l’impression
d’être une jeune fille  à peine sortie de
l’école, impatiente de recevoir sa première
lettre d’amour.
Sur la photo on voit Françoise avec Marcel Hendrix (le grand), le pianiste et chef d’orchestre, 
et Serge Biondi (le petit), le batteur de son orchestre. Les autres musiciens étaient Hermes 
Alesi, guitare basse , et Jacky Giraudo, guitare.
Françoise est venue à Rio, samedi dernier, accompagnée par
sa mère et son propre orchestre: Serge Biondi, Jacky Giraudo,
Marcel Hendrix et Hermes Alesi. Invitée par Rede Unidas de
Televisão ( TV Rio et TV Record) , elle s’est présentée avec
des chansons “de scène”. Il y a une grande différence entre un
studio d’enregistrement et la scène. Sur disque les chansons
sont faites pour plaire aux oreilles du public, mais sur scène
c’est la sensibilité qui compte.

Son fiancé, le photographe Jean-Marie Périer, fils de l”acteur
connu François Périer, était censé l’accompagner lors de
son voyage en Amérique du Sud mais il l’a laissée tomber à la
dernière minute. Françoise n’aime pas parler de mariage et
elle s’explique “ Le mariage ne sert à rien, en tant qu’expression
ou cérémonie. Je vais me marier bientôt sans en faire grand cas.
Ce qui importe c’est que j’ai trouvé l’amour à un moment décisif
de ma carrière. Après tout, qui se soucie du succès sans amour ?
Et comment  gérer une fortune avec l’argent qui se dévalorise ?”
Françoise pose au Copacabana Palace,
l’hôtel de luxe le plus glamour du Brésil.
Samedi, le 12 septembre à 18h30 Françoise, habillée
d’une veste en daim gris et d’une jupe écossaise,
débarque  à Galeão, l’aéroport international de Rio de
Janeiro, avec  250 kilo de bagages.

Elle est accompagnée de sa mère et quatre musiciens.
Après le passage à la douane ils se sont  rendus à
Copacabana Palace, l’hôtel où ils seront logés.

Françoise participerait à quatre émissions de télé. Le
lundi à 21h et le mardi à 20h20 elle est l’invitée de
TV Rio. Demain, à 24h, elle donnera au Copacabana
Palace, un spectacle au profit des enfants handicapés
mentaux. En plus elle donnera un spectacle, le mardi,
au Country Club après sa présentation à la télé.
Mercredi , le 16 septembre, elle s’envolera pour
São Paulo où elle restera jusqu’à dimanche,et
paraîtra à TV Record.

Résumé des activités à Rio: ( me basant aussi sur
d’autres articles)

Lundi 14 septembre:
17 h Conférence de presse au Copacabana Palace
21 h TV Rio “Noite de Gala”
24 h Spectacle-bénéfice au Golden Room du
        Copacabana Palace.

Mardi 15 septembre
20h20  TV Rio
22h Représentation au Country Club
Jornal do Brazil  14/9/64
Diario de Noticias 13/09/64
Jeune, sympathique et simple. Telle est
Françoise Hardy, considérée comme la
plus grande représentante de la chanson
française.
Elle a déclaré aux journalistes qu’elle
trouve les Brésiliens charmants, qu’elle
adore la Bossa Nova et qu’elle enregistrera
au Brésil.
“La primavera de la chanson française”,
Qui est aussi une vedette de cinéma ( elle
a tourné sous la direction de Roger Vadim)
paraîtra à TV Rio. Hier, elle a passé tout
la matinée à la plage de Copacabana,
jouant avec les vagues. Son auteur
préférée est Françoise Sagan et son acteur
préféré est Peter O’Toole.
La chanteuse restera jusqu’à samedi
Françoise Hardy, 20 ans, partira donc samedi du Brésil après 
s’être présentée au public dans des spectacles divers.
Françoise Hardy, 20 ans, la chanteuse française qui bat tous
les records de vente de disques, a fait ses débuts à Rio, hier,
à la télé. Puis elle s’est présentée à Copacabana Palace lors
d’une soirée caritative. Son meilleur moment était celui où
elle chantait “Tous les garçons et les filles”.

L’après-midi , la blonde, vétue d’une robe de voile noire,
avec une attitude entre discipline et embarras, a déclaré aux
journalistes qu’elle aime lire, aller au cinéma et au théâtre
mais que ses engagements professionnels lui laissent peu
de temps.

CARREIRA

Tout est arrivé d’un seul coup et la carrière de Françoise
a décollé grâce à un passage de trois minutes à la télévision.
Le lendemain ses disques étaient très demandés et, en peu de
temps, la vente moyenne mensuelle des disques s’élévait à
200.000 exemplaires. Elle a vécu son grand moment le 24
novembre 1962, à la télé, en chantant une chanson composée
par elle-même: “Tous les garçons et les filles”.
L’Impartial 15/09/64
Françoise et sa maman visitant une usine de couture ce qui correspond au commentaire du bassiste
Ermes Alesi  “La tournée était sponsorisée par un marque de tissu, je crois”
Lors de cette interview Françoise révèle qu’elle adore la
musique brésilienne et  particulièrement la Bossa Nova.
Elle a souligné qu’en dehors d’elle-même, les musiciens qui
l’accompagnent aiment aussi les rythmes brésiliens, ils  
occupent une place particulière. Elle a ajouté, cependant,
qu’elle ne veut pas enregistrer n'importe quelle musique
nationale. En France il est difficle d’adapter la polyvalence
et la sensibilité de la musique brésilienne au goût du grand
public. Elle pense que les français n’ont pas une bonne
oreille et que là-bas  la musique brésilienne ne donnerait pas
l’effet voulu.

Elle a expliqué qu’elle n'a jamais beaucoup de temps pour
acheter des vêtements et de se livrer à toutes les choses qui
affectent n'importe quelle jeune fille. Elle assure qu’elle
essaie toujours de tout simplifier ce qui est parfois mal
interprété par ceux qui ne la connaissent pas très bien et
dont le jugement est très arbitraire. Demain matin
Françoise s’envolera pour São Paulo où , jusqu’à samedi,
elle se produira dans des shows divers. Samedi elle retourne
en France.
Correio da Manhã 15/09/64
Conférence de presse au Copacabana Palace à Rio de Janeiro.  Françoise porte sa robe de voile noir griffée Marie-Martine
FH : “Ma mère n’a
évidemment jamais été
mon impresario.
Ça m’exaspère  de lire ça”.
(mail 17/11/21)
Françoise à la plage
Après avoir passé un dimanche à l’intérieur de 
son appartement, Françoise Hardy a découvert, 
hier matin, Rio. Elle s’est reposée pendant trois
heures sur la plage de Copacabana où elle est 
apparue en bikini rouge, accompagnée de sa 
mère.
Malgré sa renommée à travers ses disques, sans l’aide de photos  Françoise Hardy ne fut pas reconnue par les gens,
donnant un seul autographe pendant sa pause. Vraiment fatiguée par tous ces voyages, Françoise, qui a 20 ans, a avoué
qu’elle est une jeune fille qui aime vivre dans la joie bien que ses chansons sont tristes parce  qu’elles sont inspirées des
berceuses, qu’elle jouait au piano, à l’âge de cinq ans. L’article nous apprend peu de chose que nous ne savons déjà.
J’ai retenu quelques extraits révélateurs du séjour de Françoise à Rio.
Françoise Hardy va commencer
une collection de musiques 
brésiliennes pour en enregistrer 
quelques-unes. 
Elle veut toujours courir les 
magasins de Copacabana “ 
pour voir ce qui est à la mode”.
L’après-midi, Françoise, déjà bronzée, portant
une robe de voile noire aux manches trois
quarts, a donné une conférence de presse.
Jornal do Brasil 15/09/64
Commentaire par Françoise (e-mail) :En relisant votre mail, force est de m'incliner. Contrairement à ce que je pensais,
c'est donc en septembre 1964 que je suis allée faire une petite tournée à Rio et Sao Paolo pour laquelle je n'ai eu
rétribution, accompagnée par ma mère. Mais il n'a jamais été question que Jean-Marie se joigne à nous (avoir son
"fiancé" et sa mère en même temps avec soi, quel cauchemar ! ) ... Quand ma mère qui veillait au grain s'est
offusquée auprès de mon agent de  l'époque (Charley Marouani), il s'est récrié : "Mais Madame votre fille avait
tellement envie d'aller au Brésil !" Quel escroc ! Comme il est impensable que je n'aie pas été payée du tout, c'est
donc lui qui a tout pris.
A la plage Françoise Hardy s’est comportée avec grande sagesse. Elle
a pris un livre et marcha sur le sable vêtue d’un pantalon long ; n’
importe qui pouvait constater que la jeune fille n’est jamais venue à
Rio auparavant. A Rio on va à la plage, à moitié déshabillé, portant
juste une chemise ou un maillot.

On lui a rappelé que le vent fort de Copacabana dérangerait ses longs
cheveux et qu’elle aurait les yeux gonflées de tant de soleil  mais
elle a simplement répliqué qu’elle ne met pas de maquillage et qu’il
est assez probable qu’elle n’ira même pas chez le coiffeur et qu’elle-
même se lavera les cheveux sous la douche.

Ceci prouve que Françoise Hardy est une femme “eau et savon”, très
naturelle dans ses gestes, ses vêtements et son comportement. Très
douce et tranquille. Rien de sensationnel. Elle sait qu’elle chante avec
une belle voix, que le monde des adolescents aime beaucoup ses
chansons et que ses disques se sont vendus à une vitesse vertigineuse
alors qu’elle est toujours la fille douce et tranquille d’autrefois.

Françoise ira à São Paulo, où il n’y a pas de plage mais des possibili-
tés de pluie. Alors elle sortira son parapluie comme sur une des
pochettes de ses disques. Avec les cheveux dans le vent, très simple,
très naturelle.
Jornal do Brasil  16/09/64
Jornal do Brasil 17/09/64
Françoise Hardy arrive à São Paulo 
et accorde une interview avec timidité
Françoise Hardy, la Primavera de la Chanson Française, est arrivée hier à
São Paulo, et aujourd’hui  ( jeudi 17/9 ) elle se produit à Teatro Record,
à 21h, et les jours suivants jusqu'à dimanche à 22h30. Vêtue de noir, sans
maquillage, les cheveux dénoués et la peau bronzée, Françoise a accordé
une interview avec simplicité, bien qu’un peu timide.

Une fois l’interview finie, Françoise Hardy s’est levée pour prendre congé
mais s’est attardée un peu pour redresser sa robe qui laissait entrevoir
la couleur bronzée, due à ses séances à la plage de Copacabana. L’entrevue
s’est bien passée, mais il y avait une protestation, discrète, quand la jeune
fille a déclaré qu’elle ne portait jamais de monokini.

Dès sa naissance chanter était sa vocation. Françoise est enchantée par les
plages, par la façon de vivre à Rio et par la musique de Baden Powell
( guitariste brésilien) qu’elle connaissait déjà puisqu’elle avait gagné un
de ses albums à Paris.

Trois heures après son arrivée à Viracopos elle a rencontré la presse, donné
une interview et démenti sa relation avec Roger Vadim qui l’a engagée pour
le film “Un château en Suède” d’après un roman de Sagan, une autre
célèbre Françoise. Il n'est pas question de se marier pour l'instant.

Françoise Hardy est devenue célèbre en trois minutes lors d’une émission de
télé, à Paris, le 24 novembre 1962. Le lendemain ses disques se sont vendus
à 100.000 exemplaires par mois grâce à deux chansons phares: “Tous les
garçons et les filles” et “Je suis d’accord”.

Six mois plus tard, les ventes ont dépassé le cap de 350.000 exemplaires.
Alors Vadim est apparu et l’a invitée à jouer dans son film. En 1963 elle
a gagné le Grand Prix du Disque Charles Cros, étant la meilleure de l’année.

Françoise Hardy n’a pas rencontré le succès à
São Paulo. Elle aurait dû s’en tenir à ses disques.
Teatro Record , à São Paulo, est l’auditorium utilisé pour les enregistrements
de TV Record. Inauguré en 1959 le théâtre était situé à la Rua da Consolação
jusqu’en 1969.

Du 16 au 20 septembre 1964, Françoise Hardy a présenté ses succès au
Teatro Record. Elle a été “massacrée” par la presse locale.
On a fait grand cas de la première de  Françoise Hardy à TV-Rio et après tout, elle est mignonne, sans plus. Elle n’a pas
de voix et c’est la raison pour laquelle elle chante avec la bouche collée au micro comme si elle mange des fruits mûrs.
Sans aucune expression ce qui rend son chant froid et ennuyeux. Elle ne chante pas vraiment et c’est le secret de sa
monotonie. Les attitudes de Françoise Hardy sont ordinaires, les bras croisés comme si elle est attend le dernier arrêt d’un
bus de banlieue. Sa robe, pas faite à Paris, est sans grâce, sans élégance et pas appropriée comme tenue de soirée.

Alors c’est elle, la petite mignonne , qui vend des milliers de disques dans le monde entier, y compris le Brésil. Aujourd'hui
l'humanité a dû perdre sa santé auditive. Une jeune fille qui se prend pour une chanteuse et qui est acceptée en tant que
chanteuse, peut à nos jours se passer d’une voix sonore et expressive. Il suffit d’avoir le courage de marmonner quelques
mots sur une ligne de mélodie, inexistante comme l’archet d’une contrabasse dans un soi-disant ensemble moderne.
Franchement, ce type d'art peut vendre des montagnes de disques mais je préfère encore les hurlements d'une Rita Pavone,
la jeune fille qui est un volcan de jeunesse et de vie. Cette Françoise Hardy, prise pour le printemps de la chanson française,
n’est qu’un triste hiver qui sert de scénario pour ses cordes vocales lamentables, qui nous rappellent les pendus...  
Oui, franchement, la renommée de Françoise Hardy ne suffit pas pour applaudir son show peu professionnel à TV-Rio.
Diaro de Noticias  17/09/64
françoise et le vertige du succès
La chanteuse Françoise Hardy nous
est parvenue, Sans grand intérêt et
ne  justifiant pas sa renommée.
Vendant des milliers de
disques, véritable succès
de la chanson française,
Françoise Hardy est venue
à Rio et dans sa première
conférence de presse, lors
de son entrée dans la salle
à Copacabana, elle n’a pas
été immédiatement recon-
nue par les journalistes.
Mais elle n’était pas per-
turbée. Elle s’est retirée en
attendant qu’on la cherche.
Silhouette longue, très
élancée, des longs cheveux
blonds, la chanteuse de 20
ans, souriante, a calme-
ment répondu à toutes les
questions.
La critique et le public du Brésil,
en général, ont été déçus par la
chanteuse Françoise Hardy.
On attendait beaucoup plus de
l’artiste qu’on considère, en
Europe comme “Le printemps de
la chanson française”.

Elle a 20 ans, elle est née et a été
élevée à Paris, elle chuchote
presque ses chansons, refusant de
chanter sans micro et sans
équipement technique spécial.
Elle est entièrement habillée à la
mode et on l’a jugée inélégante lors
des interviews et émissions de télé.
Les journalistes l’ont trouvée très
“snob”.

En fait, même à la plage de Copa-
cabana où elle portait un bikini
à la mode, elle a préféré lire plutôt
que se baigner dans le Rio.

D’autres n’ont pas aimé ses longs
cheveux raides, dénués de charme.
Musicalement c’est pas terrible.
Sa voix ne justifie pas la popularité
dont elle bénéficie en Europe ni
le surnom “primavera”.

De célèbres chroniqueurs ont
critiqué Françoise Hardy pour sa
manière de chanter, le microphone
scotché sur la bouche, rappelant les
chanteurs limités vocalement.

En vérité la chanteuse parisienne
utilise à peine son micro où qu’elle
soit. En conclusion, Françoise
Hardy a seulement dit qu’elle
chante pour la jeunesse et que les
jeunes la comprennent.
Revista do Radio
N. 788 ( 15/10/64)
FRANCOISE HARDY: grand nom du
disque et du cinéma français, récemment
en tournée au Brésil, dont les disques
sortis chez Mocambo se vendent très bien.
( Correio do Parana   24/10/64 ).
La presse brésilienne a beau “massacrer” Françoise et démystifier le phénomène Hardy, 
la vente de ses disques n’en souffre pas.
EP  Le premier bonheur du jour
Mocambo 3093  1964
Cet album, lancé à l’occasion
de sa tournée, rencontre un
succès immédiat et occupera
le 18 septembre la 4ème
place dans le hit-parade des
albums les plus vendus au
Brésil.
Ce LP gardera cette
place jusqu’à ce qu’il soit
remplacé par le premier
album de Françoise qui fait
un retour en force, le 23
octobre, pour une durée
d’un mois au top 10.
Mocambo LP 40238
La maison Mocambo va , par tous les moyens, fanions et affiches, soutenir le lancement du
deuxième album de la chanteuse Françoise Hardy, qui actuellement se trouve à São Paulo
pour se produire au Teatro Record, ce qui sera programmé à la télé sur Canal 7.
Prochainement nous donnerons des détails sur ce disque ( Folha de S. Paulo 18/09/64) .
Mocambo, maison de disque fondée
par la famille Rozenblit en 1954,
distribuait e.a. les disques Vogue
au Brésil.




Ce premier album, sorti au Brésil
début 1964, s’est très bien vendu
en avril-juin 1964 pour resurgir
dans le top 10 en octobre.
Mocambo LP 40206
Et pour ceux qui n’ont pas les moyens de s’acheter l’album ou qui ne s’intéressent qu’à la
chanson phare “Tous les garçons et les filles” il y a le premier EP qui se classait du 19/10 au
14/11/64 dans le top 5 des EP ( compactos-doublos). Françoise assure qu'elle n'a pas été
rétribuée pour sa tournée mais son passage au Brésil ne lui a fait aucun mal.
EP Tous les garçons et les filles
Mocambo 3075  1964
Carte publicitaire qui présente les disques Mocambo
de la “Primavera da Musica Francèsa” qui sont sortis
au Brésil en 1964.

Le succès de “Tous les garçons et les filles” était tel qu’
une pression  portugaise était inévitable.
Romain Pontaud nous raconte
que quelques fois certains disques
peuvent réserver des surprises.

La surprise concernant ce EP
ne se situe pas au niveau du
tracklist qui n'a rien de
révolutionnaire puisqu'il est
identique au pressage français.

Cela vient plutôt de la pochette
qui (sur certaines éditions mais
pas toutes) cache bien son jeu.
Françoise au Teatro Record à São Paulo (16 à 20 septembre 1964)
Interview Sao Paulo 16 septembre 1964
Françoise
chantant
au
Copacabana
Palace.
L’article paru dans Intervalo N°90 du 27 Septembre 1964 dresse un portrait positif de Françoise Hardy.
Toi je ne t'oublierai pas
Ton meilleur ami

Mocambo 1007



Catch A falling star
I wish it were me (J’aurais voulu)

Mocambo 1011 ( mai 1964 )
Seules les caméras réveillent le sourire de Françoise
Dès son entrée dans l’aéroport Galeão (aéroport international de Rio de Janeiro) jusqu’à sa première
performance devant les caméras, Françoise Hardy, la fille triste révélée par la télé française, était une fille
mal lunée et agaçante. Mais dès qu elle se met à chanter, baignée par la lumière des « projecteurs », ses chansons
tristes, fleurissent  la sympathie et  l’enthousiasme qui font d’elle “Le Printemps de la Chanson Française”.
Quel est donc le secret de cette jeune fille de 20 ans qui a du succès dans le monde entier ? Les trois jours
d’hiver qu’elle a passés à Rio racontent mieux que ses chansons, l’histoire de Françoise Hardy.

Lorsqu’elle a appris a vocation, lors d’une présentation à la télévision française, elle apportait encore la mélancolie
de l’ enfance. À 16 ans, elle ne pensait pas à la musique et ne composait que pour se distraire - dit sa mère.
Un ivre d’histoire triste, ”La Pierre Angulaire”,  était son compagnon le temps qu’elle séjournait à Rio.
Françoise est encore une jeune fille seule, niant être fiancée.
Lorsque le commentateur sportif João Saldanha, présentateur de l’émission, l’a interrogé sur son fiancé présumé,
Jean-Marie Périer, elle lui a répondu :
« Pas de problème »
« N’y a-t-il pas de problème ou pasde  Périer ? Saldanha lui demanda de nouveau.
Elle ne répondit pas.

Séjournant au palais de Copacabana, avec sa mère, les musiciens de son groupe et ses bagages - deux valises à
main de 30 centimètres et deux robes, dans un sac en plastique - Françoise s’est rendue à la plage, où elle est
restée deux heures, partant à cause d’un incident avec un photographe.

Lorsqu’elle s’est produite sur TV-Rio elle a déclaré qu’elle ne chanterait pas en direct mais en playback sur un
album qu’elle avait apporté. C’est João Roberto Kelly qui a découvert une clause dans le contrat qui l’obligeait à
chanter en direct, avec l’ensemble, si elle ne voulait pas perdre les 900 dollars du contrat. La situation a été
contournée et les directeurs de TV-Rio l’ont invitée à une promenade, au cours de laquelle elle n’a pas quitté le
livre des yeux et n’a pas vu Rio.

Françoise a examiné tous les détails de son concert : elle était d’avis qu’il ne fallait pas que le micro soit coincé
sur le piédestal (elle chante en toute intimité, la bouche collée au micro) et a exigé une « caméra d’écho »,
c’est-à-dire des micros disséminés sur toute la scène.« Elle n’enregistre ou ne chante que dans une chambre d’écho »,
explique le guitariste du groupe.

Protestant contre les photographes, elle a exigé qu’on la photographie avec des lunettes de soleil, pour découvrir
peu après qu’elle les avait oubliées à l’hôtel. Ses yeux étaient enflés par des brûlures sur la plage, les mêmes qui
l’avaient gênée lors de son apparition devant les projecteurs.


L’insouciante

De retour de la plage et de la répétition à l’hôtel, elle a voulu assister au cocktail qui lui était offert et à celui
où elle avait l’intention de se présenter telle qu’elle était avec un peu de sable  aux cheveux, en pantalon long.
Conseillée, elle est montée à l’appartement, et en est descendue peu après, avec une robe noire de nuit,
la même qu’elle porterait devant les caméras. Et elle ne mangeait que des bonbons.

Françoise parlait peu avant de chanter. Une minute avant d’entrer sur scène, elle a remis à sa mère tout ce qu’elle
avait apporté de l’hôtel : une boîte de poudre, un crayon pour les sourcils et le peigne. Sa mère lui peigna les
cheveux et elle monta sur scène, où elle apparut dans une robe noire en mousseline, des chaussures en satin et un
manteau en daim, fabriqués chez "Mac Douglas, Paris, Exclusivité”.

Lorsque les projecteurs se sont allumés, elle a enlevé son manteau et a chanté des chansons d’antan, interrompues
trois fois pour qu’un annonceur puisse faire de la pub pour un produit carné. Pour la première fois, devant le public,
Françoise sourit. Elle a chanté sept numéros sans bouger et, dans l’un d’eux, a croisé les bras. Dans la dernière, elle
a fait le tour de la scène et a été applaudie avec enthousiasme par le public, qui, sans connaître ses mystères et
préoccupations, y a vu le « Printemps de la Chanson Française ».
Frimousse N° 31   09/64
Fatos et Fotos 1964 : Françoise, toujours un livre à la main, lit le roman “La pierre angulaire” de Zoë Oldenbourg.