Françoise Hardy, photographiée à l’aéroport d’Orly par Pierre Fournier (juin 1965)
Le 20 juin les Beatles sont au Palais des Sports à Paris
où démarre leur tour éuropéen. Ils donnent deux concerts,
l’après-midi à 3h et le soir à 9 h.
Dans le public se trouve Françoise Hardy, rentrée de
Londres où son tour de chant au Savoy vient de se
terminer. La nuit Françoise Hardy leur a rendu visite à
l’hôtel Georges V. Puis les Beatles se sont rendus au club
Castel , 15 Rue Princesse, où ils ont fait la fête jusqu'à
l'aube.
“ J’accompagnais les Beatles lors d’une tournée européenne et lorsqu’ils sont arrivés à Paris, ils m’ont dit qu’il y avait
deux personnes qu’ils voulaient voir absolument, Françoise Hardy et Brigitte Bardot : ça ne m’a pas été difficile de leur
faire renconter les deux d’ailleurs, c’était assez drôle ! Déjà Françoise n’est pas particulièrement causante, mais là
vraiment ... C’est le plus grand bide de ma vie ! En fait ils n’avaient rien à se dire, et avec Bardot c’était pareil ...
(Jean-Marie Périer dans “Françoise Hardy superstar et ermite”) ... Il ne faut jamais arranger des rencontres entre
vedettes.
Peu après ce concert Françoise est retournée à Athènes pour le tournage de “Une balle au cœur”
( voir dossier juillet 1965).
Françoise Hardy ne fait pas partie du troupeau
D’un côté on a les vedettes qui sont venues avec les vagues du twist... Sylvie Vartan, Johnny Hallyday,
Richard Anthony, Claude François et Sheila. De l’autre côté on a une jeune fille, grande, svelte, presque
maigre, avec des longs cheveux raides qui refuse qu’on lui donne des surnoms tels que ‘la reine du twist” ou
“La princesse de la portée” et ne veut pas être avec les autres. Françoise Hardy, 1m 72 et 21 ans. Seule, toute
Seule.
“Mon apparence et le fait que je ne suis pas si bien bâtie m’ont suffisamment complexée. Je ne me suis jamais
tournée vers les autres. J’attendais qu’ils venaient à moi. Bien sûr maintenant on me trouve prétentieuse.
Elle peut juste se tenir debout sur scène
Et elle est restée seule. Elle a refusé de s’entourer de tout le tas de secrétaires, imprésarios, gestionnaires et autres.
Personne ne l’emmène à la gare, personne ne la conduit dans une voiture de grande marque et sont omis les célébrités
qui, après un concert, chuchotent les clichés connus “ t’étais terrible” “t’as éclipsé les autres”. Elle veut se battre et
gagner toute seule. Personne ne s’occupe de son courrier, personne négocie ses contrats et tournées. “ Je veux garder
le contrôle et je ne supporterais pas que quelqu’un d’autre le ferait à ma place. Si c’est à moi qu’on écrit, c’est à moi
de répondre (on oublie la mère de Françoise qui l’assiste dans de nombreuses tâches).
Elle ne partage sa solitude qu’avec son fiancé Jean-Marie Périer, un des photographes “d’idoles” les plus connus.
Mais il est nullement question d’un mariage dans un avenir proche. “Je ne me marierai que quand je veux avoir
des enfants. Et puis, à cet instant, ma carrière n’est pas assez solide pour que je la néglige pour un mariage et des
enfants. “Pas assez solide” est sans doute trop modeste vu les sept millions de disques vendus depuis sa première
apparition à la télévision. Une émission dans laquelle elle chantait “Tous les garçons et les filles”. Une chanson
simple, un soir en 1962, qui a provoqué une explosion d'enthousiasme dans les journaux et les magazines et ouvrait
la porte du succès avec consécutivement “Oh oh chéri” , “Le temps de l’amour”, “Je suis d’accord”, “Va pas prendre
un tambour” etc ...Le succès qui suscite des envieux et des critiques “elle peut juste se tenir debout sur scène”, “ on
dirait une statue”, “ vous avez vu Château en Suède, eh bien si on appelle ça une actrice,...
Elle ne mâche pas ses mots
Mais elle continua calmement. Finalement Gréco avait vécu la même chose au début. Elle a demandé conseil aux
autres. Lors des répétitions personne ne me disait ce qu’il fallait faire. À l’Olympia je me suis emporté une fois parce
que ni les musiciens ni le régisseur me montraient comment se porter en scène. Au bout du compte ma technique de
mouvement en scène n’est pas terrible et je préfère ne rien faire que de faire des gaffes colossales.
Il ressort clairement de ce qu’elle a dit à Londres que Françoise ne mâche pas ses mots. Quand elle enregistrait
son disque “All over the world” (qui grimpe au Top-20 anglais) elle a fait des commentaires peu flatteurs à
l’égard des musiciens français. “ Ils sont fantaisistes, ils ne sont pas sérieux, ils sont incompétents ...”. Que ce soit
vrai ou pas, vous comprenez que ces déclarations n’ont pas été bien accueillies. Heureusement elle s'est installée
solidement à la première place avec ses chansons “Je veux qu’il revienne’ et “Mon amie la rose”. Françoise est
revenue au sommet même si elle n’appartient pas au troupeau.





(Top Pop Stars : Stars of the pop scene in full color)
Mi 1965 Françoise et Jean-Marie Périer sont toujours ensemble mais c’est à la suite de la tournée février-
mars 1965 que leur relation avait commencé à battre de l’aile. Jean-Marie n’est resté que 4 ou 5 jours à
Londres lors du passage de Françoise au Savoy. Puis il est parti avec Johnny Hallyday et Sylvie Vartan
“en lune de miel” aux îles Canaries.
Françoise Hardy patronne le parfum Mouchi.
Françoise porte ici une tenue de scène : pantalon et gilet “échiquier” argenté. La blouse en coton est pourvue
d’une petite ceinture qui sert à fermer le pantalon. Des gants blancs et de bottes blanches achèvent le tout.
Elle mettra rarement cette tenue cosmique. Le blanc reflète la lumière, l’argent les cratères de lune.
Françoise Hardy lance
la mode fantaisiste.
Françoise Hardy est une des plus ferventes
partisanes de la ligne Courrèges. Elle a
adopté ses modèles à la fois sur la scène
et dans sa vie privée.
Les tailleurs, les pantalons, les robes de
soirée de Courrèges ont conquis la jeune
chanteuse française qui a ainsi découvert
la mode.
Une mode qui veut libérer la femme convient
à l’image de “femme libérée” de Françoise.
En plus sa physionomie fait d’elle la
mannequin idéale pour propager cette
mode de l’an 3000.
Françoise Hardy porte les étonnantes lunettes Eskimo en plastique qui suivent la courbe des cils.
Cette tenue de soirée est fabriquée à partir depaillettes synthétiques blanches et vertes. Ici le triangle monte
du bas vers le haut sur le corsage blanc. Courrèges rajeunit les femmes et pour cela il se serait inspiré de la
mode vestimentaire des petites filles en réduisant la longueur des jupes et en redescendant la taille. Les créations
de Courrèges évoquent le monde naÏf et innocent de l’enfance. Françoise Hardy, avec sa silhouette androgyne,
est le prototype de l’image idéale de la femme dans les années soixante qui rentrent très bien dans ce look.
La maigreur va être érigée en idéal esthétique, comme ultime pouvoir personnel de la femme sur son corps.
Des jeunes filles à la silhouette androgyne ; jambes longues, hanches fines, poitrine plate,... la femme-enfant
qui n’a pas d’âge, la garçonne.


Françoise présente un ensemble délicieux en gabardine de laine blanche :
un gilet rouge, qui est reversible, sur une robe trapèze blanche.
Remarquez que les bottes assorties sont ouvertes aux pointes ; question
d’aération. Original et culotté, Courrèges joue essentiellement sur les
formes et les matières, mais aussi sur des couleurs contrastées. Il aime
marier le blanc, sa couleur préférée, au rouge.
Courrèges présente aussi une série de robes trapèze, en deux couleurs, en exploitant le triangle. Il y incruste,
sans complexes, des paillettes. Françoise n’aime pas cette tenue qu’elle qualifie radicalement comme grotesque.
Ca fait en effet un peu style “Cow girl”. Françoise, qui n’est pas du tout snob, ne va pas d’office ou a priori,
crier au génie devant la moindre création du maître Courrèges qu’elle apprécie beaucoup.
Son jugement, insensible aux préjugés, témoigne de son goût esthétique prononcé. Les paillettes, la gloire
éclatante du monde du spectacle n’est pas vraiment son genre.
Françoise avec son 1 m 72 peut se passer d’un chapeau-plateau qui sert à redessiner la silhouette de la
femme qui a abandonné le talon aiguille au profit des bottes à talons plats.
Les contrastes peuvent être très subtiles. Courrèges ne recourt pas toujours à un rouge vif ou bleu foncé
pour faire contraste avec le blanc.
TV Sorrisi e Canzoni N° 25 20/06/65
Françoise Hardy n’abandonne pas le style Courrèges pour autant.
Dis-lui non
18 ème place
Info Jukebox N° 207
Août 2005 Spécial 1965
Dis-lui non
9 ème place
Info Ultratop.be
Billboard - 26 juin 1965
Entrée de "Dis-lui non" en 12e place du top français
On another visit to London with what is now called the Elizabeth
Tower also in the background. (info Celia Short)
Due motivi in italiano : “La notte sulla citta”,
“Devi ritornare”.