Avril 1966
La tournée allemande de Françoise s’est probablement annulée prématurément.
Le 7 avril 1966, Françoise Hardy reprend à la télévision en hommage à Johnny Hallyday la chanson Douce violence
écrite par Clément Nicolas sur une musique de Georges Garvarentz (à l'origine pour le film Douce violence sorti sur
les écrans en 1961) . Elle se produit  dans une mini-robe bicolore (bleue-blanche) trapèze  de Courrèges. Elle
chante la chanson d’une voix douce et juste.
Le 7 avril 1966, Guy Lux et Jean Bardin animent l'émission, accompagnés par le grand orchestre de Raymond Lefevre.
Guy Lux annonce le départ d'Anne Marie Peysson qui attend un heureux événement. Johnny Hallyday chante
Jusqu'à minuit, Quand revient la nuit, Le diable me pardonne, Je l'aime, Le pénitencier et Maintenant ou jamais.
A ses côtés Françoise Hardy, Claude François, Jean-Jacques Debout, Eddy Mitchell, Dick Rivers et Hugues Aufray.
Les vedettes sont annoncées  pat la voix off de Johnny.
Dans le public Jean-Marie Périer et Françoise Hardy.
C’est dans le même perfecto argenté que , le 14 avril, Johnny Hallyday
surplombe  le reste  des chanteurs sur une échelle appuyée contre le mur de
fond pour la “photo du siècle” prise par Jean-Marie Périer pour marquer
le quatrième anniversaire du magazine “Salut Les Copains”.
Périer explique ceci par le fait que Johnny était selon lui à l'origine de ce
mouvement yéyé, et qu'il voulait donc qu'il soit mis en valeur par rapport
aux autres membres du groupe, mais à l'insu de ces derniers pour ne pas les
vexer (certains d'entre eux étant tout aussi populaires) ; il raconte qu'il a donc
laissé une échelle dans le décor, et subrepticement demandé à Johnny, au
dernier moment, d'y monter d'un échelon en prétendant ne pas bien le voir.
La photo est prise le 12 avril 1966 à 16 heures, au Studio Mac Mahon
situé rue des Acacias Elle est publiée en juin 1966 comme poster central
du numéro spécial (47) du mensuel,. parution.

Il s'agit d'un portrait de groupe ; les artistes, au nombre de quarante-six,
posent devant un mur de briques sur lequel est inscrit le nom du magazine.
L'organisation de cette photo a été difficile, nécessitant selon Jean-Marie
Périer trois semaines de préparation pour pouvoir regrouper tous les
artistes.

Certains n'ont d'ailleurs pas pu venir, tels que Frank Alamo, au service
militaire. De même, Petula Clark est arrivée quelques minutes en retard
de retour des États-Unis. Nino Ferrer, qui a bénéficié du soutien de Salut
les copains mais ne veut pas être associé à la vague yéyé, arrive trop en
retard. La photo est réalisée sans truquage.
Johnny et Sylvie se sont mariés le
12 avril 1965. Françoise n’a pas
assisté à ce mariage puisqu’elle
se trouvait à New York.
Le 13 avril 1965 Françoise Hardy
était l’invitée du téléshow américain
Hullabaloo.
En avril Vogue sort “La maison ou j’ai grandi”, chanson qui marquera la
carrière de Françoise Hardy. C’est la version française de “Il Ragazzo della
via Gluck” de Adriano Celentano qui avait été éliminé au Festival de San Remo
en janvier’66. Françoise , participant au même festival, adorait la chanson
Et tenait à en faire une version française. Le texte est merveilleusement
traduit par le parolier Eddy Marnay.
C’est Françoise qui, une fois de plus, fait une excursion du côté de la poésie
( après “Le premier bonheur du jour,“Mon amie la rose” et “L’amitié ) en
n’ayant pas recours à son propre talent d’auteur-compositeur. De cette
façon elle réussit, avec bonheur, à éviter la monotonie et aborder d’autres thèmes.
Les textes de Françoise reposent plus sur des mots de tous les jours, maniés avec
précision. De plus en plus elle se détache de ses consoeurs yé-yé.
“Tu verras” est souvent la face B de “La maison où j’ai grandi”, tube de l’été 1966, et connaîtra ainsi une
distribution internationale parce que la chanson ne se trouve pas sur l’album
“Les enregistrements de la variété”, émission diffusée le 16 avril, montre
des exemples d’un enregistrement en play back, avec soit le support de la
bande magnétique, soit le support du disque. Françoise Hardy s’essaie à
cet exercice, le 7 avril dans les coulisses de l’émission Discorama , diffusée
le 8 mai, avec cette belle ballade “Tu verras”.
Françoise porte le ciré jaune qu’elle
avait mis lors des répétitions au
Festival de San Remo, fin janvier ‘66.
Pour l’interprétation de “La maison où j’ai grandi” Françoise a enlevé son ciré.
Le 18 avril Françoise Hardy, invitée par Maurice Chevalier,
se produit à “les 400 coups”,  l’émission avec laquelle
France Inter fait le pari de faire participer activement
les auditeurs à la vie de la station.
C’est Jean Bardin qui relève le défi d’organiser  chaque soir,
à 20h30, une fête à l’extérieur des studios, et d’imaginer une
folie en direct et en public. En sorte, chaque soir, faire les
400 coups.
Maurice Chevalier au micro de Jean Bardin entouré de Françoise Hardy, Mireille Mathieu et Hugues Aufray.
Enrico Macias, Marcel Amont, Françoise Hardy, Maurice Chevalier,
Mireille Mathieu, Alain Barrière et Monty.
Mireille Mathieu était parrainée
par Maurice Chevalier.
Le “Palmarès des chansons” du 21 avril est l’émission de l’adieu temporaire de Françoise Hardy du public français.
Elle chante ses tubes et sur générique du fin (hélas) elle offre aux téléspectateurs la première de sa nouvelle
création “La maison où j’ai grandi”.
Bruno Coquatrix , qui préside le jury des vedettes, présente Mireille Darc qui,
plus tard dans l’émission, avoue être une grande fan de Françoise Hardy.
Elle aime tout ce qu’elle fait ainsi que le personnage. Elle est d’avis que
le métier de Françoise est plus difficile que le sien. En tant qu’actrice on
peut recommencer une scène .
Françoise Hardy fait son
entrée sur les mesures
de son plus grand succès
( en chiffres de vente )
“Tous les garçons et les
filles”.  
Elle chante successivement "Tous les garçons et les filles", "Le premier bonheur du jour", "La nuit est sur la ville",
"Mon amie la rose" et "L'amitié". Un immense portrait de la chanteuse constitué de différents fragments qui
s'assemblent petit à petit tel un puzzle, tout au long de sa prestation, est installé en arrière plan.

Vêtue d'un ensemble Courrèges blanc, elle chante en direct et en public, accompagnée par des musiciens et des
choristes en off. Elle revient à la fin de l’émission avec une nouvelle chanson, hors concours, “La maison où j’ai
grandi”.
Pour la promotion de “La maison où j’ai grandi” on recourut au talent de Jean-Christophe Averty , très épris de
Françoise. Fin avril 66 ( Dans les émissions réalisées par Averty les chanteurs ne chantaient pas en direct et le
montage était fait par après )enregistre Françoise et sa maison pour l’émission “Douches Ecossaises” diffusée le 16 mai.
On retrouve les ingrédients classiques mais pétillantes pour un
Cocktail Averty. Françoise Hardy se trouve devant un fond animé
qui exploite le contraste du noir et blanc. Le fond tournant est
constitué  de différentes formes géometriques ( cercle, carré,
rectangle, hexagone,...). En même temps le caméra zoome et
dézoome sur Françoise, ce qui donne des plans qui changent tout
le temps.


Et de temps en temps Françoise disparaît (comme sa maison a
disparu) pour un bref instant et on se trouve face à face à un décor
vide. Averty impose une cadence à ses images. Il les “bat” comme
on bat la mesure .
Jean-Christophe Averty avec Sylvie Vartan qui chante
“ Il y a deux filles en moi” dans cette émission
Averty a partiellement recyclé
Cet enregistrement pour le
“Hardy Blues”du 15/10/66.
Dans les programmes de télé
on mentionne que Françoise
s’est produite à “A tout vent”
également réalisé par Averty
et tourné en direct du
James Palladium (66 Rue
Pigalle),le 5 juin.

Elle aurait chanté “La maison
où j’ai grandi” et “Tu verras”
Mais , à mon regret, je ne
sais pas vous en dire plus.
Etait elle retenue par un
contrat  avec “Grand Prix” ?
Le 23 avril Françoise assiste à la première d’Antoine
à l’Olympia.
Françoise Hardy et Juliette Gréco dans les coulisses de l'Olympia le 23 avril 1966
Gazet van Antwerpen 27 avril 1966.
Le sommet de la carrière du chanteur flamand Ferre Grignard était un passage
à l'Olympia. En avril 1966.  La même année, Johnny Hallyday  sort la chanson
“Cheveux longs et idées courtes”, librement  adaptée de “My crucified Jesus”,
que Ferre Grignard a, lui, puisée dans le folklore, et pour lequel il ne touchera
Aucun droit. Ferre Grignard porte plainte surtout parce qu’il est d’avis que le
texte de Johnny est insultant pour les beatniks aux cheveux longs.
JDF N° 601 21/05/66
En avril circulent les premières rumeurs, parfois erronées, concernant la participation de Françoise
au film “Grand Prix” et ses préparatifs vestimentaires.
Humo N. 1340  
12/05/66
Le petit article dans le magazine flamand Humo ( qui prétend
que Françoise Hardy jouera la petite amie d’Yves Montand)
nous apprend tout de même que les jeunes filles qui habillent
Françoise Hardy pour “Grand Prix” sont les couturières
américaines Mia Fonssagrives et Vicky Tiel. Les photos sont
prises chez Féraud.
La Stampa 16/04/66
Les stylistes américaines Vicky Tiel et sa camarade de classe, Mia Fonssagrives,
se sont établies en 1964 à Paris où elles rencontrent Louis Féraud, couturier
pour femmes. La présentation de la Mia-Vicky minijupe dans le défilé de mode
de Féraud, en juin 1964, leur valait une réputation internationale.

Elles sont surtout connues comme créatrices de costumes au cinéma. La
première fois qu’elles sont créditées est pour le film “What’s new Pussycat”.
Lors du tournage Vicky rencontre Elisabeth Taylor, sa première bailleuse de
fonds. En mai ‘68 la boutique Mia-Vicky ouvre 21 Rue Bonaparte à Paris.
Françoise habillée par Mia Fonssagrives, fille du mannequin suédois
Lisa Fonssagrives. Lisa est considérée comme le premier top model de
l'histoire de la photographie de mode. Divorcée du père de Mia elle
s’était remariée au photographe de mode américain Irving Penn.
Mia était mariée au couturier Louis Féraud de 1967 à 1970.
Garbo  N. 689  21/05/66
Le livre de Vicky Tiel a été publié en 2011 et raconte le
pouvoir de la mode à travers des confessions de femmes
et un tas d’anecdotes.

Vicky et Mia étaient descendues à l’hôtel de Paris à
Monte Carlo pour habiller Françoise Hardy, pendant un
mois ! Quel gaspillage d'argent sachant que l’hôtel de
Paris est un des hôtels les  plus prestigieux et luxueux
et que Françoise Hardy joue dans très peu de scènes.
JDF  23/04/66
Photos prises devant les colonnes
du Palais Royal .
Ce qui est marrant avec cette photo
c'est qu'elle donne l'impression que
Françoise représentait ce qui deviendrait
plus tard ( 1986) une colonne de Buren
du Palais Royal.

( Alexandre : Blog “Mon amie la rose” )
La galerie de Beaujolais des jardins du Palais Royal à Paris
Je suppose qu’on voit, à travers la fenêtre, “l’amie” de Françoise Hardy qui a créé les
minijupes et qui avait sa boutique dans la galerie de Beaujolais, en face du Palais Royal.
HITPARADE
FRANCE
17ème place
Info Jukebox N° 233
Spécial 1966
           Au programme

Antoine.: "Ne t’en fais pas", "J’ai
oublié la nuit", "Autoroute européenne
N°4",  "La Loi de 1920",  "Pourquoi
ces canons ?"

Les Problèmes : "On s'en fout"

Jean Lapierre : "Marie-toi chameau"

Nikki et Martin : "La politique et la
paix"

Karine : "Pas adieu"

Le Ferré Grignard Skiffle Group:
"She’s Gone",  "Ring Ring I’ve Got To
Sing", “Gambling Man”.

Les Silkie : "Why Don't You Help Me
Brother", "Go Tell It On The Mountain",
"You’ve Got To Hide Your Love Away"
Je pense que Juliette Greco était à ma première à
l’Olympia, car elle m’aimait bien, elle retrouvait
un peu sa révolte de vingt ans plus tôt, ç St Germain
des Prés au temps de Boris Vian ; elle est venue me
voir plus tard à la Tête de l’Art, célèbre cabaret de
l’avenue de l'Opéra.

Quand à Françoise, je sais qu’elle y était aussi, en
raison d’une anecdote que Jean-Marie Périer, qui
y était avec elle, m’a racontée :

Mon directeur artistique débutant chez Vogue, le
jeune Christian Fechner, était un grand mythomane
qui croyait qu’il deviendrait un jour un grand
producteur de cinéma .Quand Bruno Coquatrix
l’avait appelé pour que je passe à l’Olympia en
deuxième sur l’affiche derrière Donovan ( ce qui
m’aurait tout à fait ravi !), Christian a exigé, non
seulement que je passe en vedette, mais aussi que
l’essentiel de la première partie soit composé de
ses poulains : les Problèmes ( en plus de
m’accompagner), Karine ( une jeune Suédoise
qu’il avait enregistrée), etc.. et il avait baptisé en
toute immodestie l’ensemble  “ Le Grand Tournant “
A la sortie du spectacle, Françoise, qui l'avait lu
sur l’affiche ou sur le programme, quand on lui a
demandé ce qu’elle avait pensé du spectacle, avait
répondu d’un air un peu moqueur "C’est le grand
tournant « . Amitiés  Antoine