Février 1965(2)
Le 7 février Françoise, en compagnie de Jean-Marie Périer, se trouve à l’Olympia pour le concert de Chuck Berry.
Le 7 février, nous sommes inscrits au programme de l'Olympia, en vedettes américaines de Chuck Berry. Sur le plateau  : Frank Adams,
les Jets, Patrick Samson et ses Phéniciens, The Downbeats, Ronnie Bird, les Ombres et le grand Chuck.
A l'époque, le nombre d'orchestres ou de chanteurs prévus à un même programme est si pléthorique, qu'il n'est pas rare qu'ils ne puissent
interpréter qu'une ou deux chansons. Ce qui nous arrange plutôt bien dans la mesure où nous n'avons pas encore pu répéter avec notre
nouveau pianiste....
On assiste ensuite au show de Chuck Berry, fidèle à son image, impeccable, fabuleux guitariste, grand chanteur. Impressionnant !
A la fin du spectacle, dans les coulisses, au bar des artistes, nous côtoyons Johnny Hallyday et Sylvie Vartan, Françoise Hardy, Dick Rivers,
Eddy Mitchell, Frank Alamo, Long Chris, Moustique, Frankie Jourdan, Hugues Aufray, Monty, Pierre Vassiliu... On ne sait plus où donner
de la tête. (Album souvenirs  Les Ombres).
À  partir du 3 février Françoise Hardy effectue une longue tournée franco-suisse avec Hugues Aufray, Ronnie Bird ,
Eric Charden et Christine Lebail. Elle étrenne sa nouvelle tenue de scène (version manches courtes) créée par André
Courrèges et chante son dernier tube "Mon amie la rose".
Tournée Hardy- Aufray
9 février   Orléans   Artistic
Je m'étais rendu mardi soir à L'Artistic de fort méchante
humeur. : la perspective d'entendre une demi-heure durant,
Mlle Françoise Hardy ne me séduisait guère.

Le peu que je connaissais de son répertoire n'était pas fait pour
m'incliner à l'indulgence. Sa voix monotone et les musiquettes
qui l'accompagnent me semblent distiller l'ennui aussi
sûrement qu'un imprimé administratif.

Et puis, brusquement, dès la troisième ou quatrième chanson,
sans que je sache pourquoi le charme a joué.

C'est une grande fille toute simple qui interprète avec une
pointe de mélancolie de douces romances et adopte, de temps
à autre, le style yé-yé avec discrétion. Pour marquer le rythme,
elle bat l'air de ses longs bras maigres avec des gestes de
naufragée.

Incontestablement, elle paraît mieux à son aise lorsqu'elle
fredonne des paroles mélancoliques, faites pour le tête-à-tête
des amourettes et pour les aveux échangés dans l'intimité.
Elle a réussi le miracle de glisser entre les rythmes barbares
du rock une poésie naïve et tendre aussi insolite qu'une fleur
bleue dans un réseau de barbelés.
18 février   Lausanne   Théâtre Beaulieu
Feuille de Lausanne 16/02/65
Feuille d'avis de Lausanne 11/2/65
Tribune de Lausanne 19/02/65
GAZETTE DE LAUSANNE - 20 février 1965

Critique du concert du 18 février au Théâtre de  Beaulieu à Lausanne

Françoise Hardy se trouve dans un club de Lausanne  avec tous ceux
qui viennent de faire passer un excellent jeudi soir au Théâtre de
Beaulieu.

Je m'assieds à côté d'Hugues Aufray, alors que  Françoise se lève
"j'ai sommeil je vais me coucher". Peut-être va-t-elle rêver au triomphe
qu'elle vient de  remporter. Allongée par un impeccable pantalon clair,
aussi impeccable que la mèche qui vole sur son front  "au millimètre
près" pas plus longue, pas plus courte et qu'elle rejette en arrière avec
un air passionné qui vient adoucir un sourire moqueur et charmeur à
la fois, elle fait même rêver plus d'un spectateur.

Elle n'est pourtant pas "jolie", son corps gracile, son visage anguleux
ne concordent pas avec les canons de la beauté classique mais elle a
de la classe, une personnalité qui s'impose. Elle ne vient pas sur la
scène, elle s'en empare. Et c'est bien puisque les chansons sont en
général excellentes. Quant à moi j'aimerai bien l'entendre chanter un
répertoire  d'avant-garde comme Gréco peut-être (...)

Il reste Christine Lebail minuscule dans une robe verte qui fait flotter
un air de printemps à ses 16 ans. Sur la scène elle méritait son succès :
de bonnes chansons, servies par une voix qui se prête à toutes les
variations de mélodies parfois difficiles et du charme (...)

Il reste aussi Eric Charden dont les chansons raisonnent d'une poésie
encore maladroite. Il reste enfin Ronnie Bird qui accompagné par
4 garçons "tignasses" comme lui et dont l'un était agité de
déhanchements évoquant une colique sournoise, m'a fait l'effet d'un
singe chantant parodiant les idoles (...)

Mais le grand succès se partage entre FH & HA avec à mon gout un
léger avantage pour ce dernier (...) (Merci à Romain P;)
Le Peuple 27/02/65
Tribune de Lausanne 8/2/65
17 février   Genève   La Réformation
13-14 février   Lyon
À Lyon Françoise n'était pas là. Ils annoncent le 13 et 14/02 mais ne la citent pas dans le programme alors
qu'ils citent tous les autres. Et la publicité n'annonce que Hugues Aufray. Françoise s’est produite à Villerupt.
TRIBUNE DE GENÈVE - 19 février 1965
Critique du concert du 17 février à la Réformation de Genève

Il y eut tout d'abord Ronnie Bird (...) et ses "pages" aux longs cheveux (...) la
frénésie envahit la salle de la Réformation (...) Il y eut ensuite Eric Charden (...)
gentil garçon au sourire éclatant (...) Il y eut encore Christine Lebail (...) que l'on
soupçonne de faire l'école buissonnière (...) Avec une très jolie voix cette fraîche
jeunesse regretta que les livres d'écoles ne parlent pas d'amour puis après un gros
succès alla sans doute vite se coucher (...) il y eut également l’inénarrable Jean
Hébrard farfelu imitateur des cabarets parisiens (...) Il y eut même FH, tenue
blanche avec pantalon. Élégante, fine, racée, c'est une longue tige qui ondule au
rythme d'une certaine mélancolie. Son sourire un peu triste, caressé sans cesse par
ses longs cheveux, accompagne des mélodies prenantes, connues jusqu'à la dernière
note par ses nombreux fans qui vivent le plus beau jour de leur vie (...) et pourtant
on avait encore rien vu. Celui qu'on attendait arriva enfin avec son Skiffle Group (...)
son triomphe fut total (...)
JOURNAL DE GENÈVE - 18 février 1965
Critique du concert du 17 février à la Réformation de Genève

Le souvenir de cette soirée ne restera pas attaché au nom de FH ni à celui d'HA.
Ces noms s'inscrivent pourtant en lettres grasses sur les affiches. Et c'était pour
eux que le public était venu. Non malgré FH et malgré HA le meilleur moment de
cette soirée c'est Jean Hébrard qui nous le procura (...) FH fut charmante bien
sûr : casaque et pantalon blancs, longs cheveux blonds tombant sur les épaules.
Mais que serait-elle sans la sono ? Il faut reconnaître pourtant que les chansons
de FH sont souvent fort jolies et qu'elle les chante avec une sensibilité
adolescente qui sait émouvoir. Il faut dire aussi que la jeune chanteuse a fait
quelques progrès au cours des derniers mois. Elle a gagné en assurance et son
attitude sur scène (on ne peut encore parler de véritable jeu de scène) s'en
ressent déjà (...)
De tous les jeunes artistes en vogue, HA est certainement, par son bon gout, sa
gentillesse et son enthousiasme celui qui a le mieux mérité son succès.
19  février   Zurich   
Françoise à l’aéroport de Zürich, rentrant à Paris pour le week-end
L'Express 22/02/65
Françoise Hardy au Volkshaus de Zürich
RADIO TV  Je vois tout N° 8  25/02/65
21 février   La Chaux-de-Fonds   Maison du Peuple
Die Tat
22/02/65
Lors de cette tournée en Suisse le journaliste franco-suisse Pierre Lang reçoit Françoise Hardy dans le magazine
Carrefour, diffusé le 27 mars. Elle chante “Mon amie la rose” et “Je veux qu’il revienne”. Dans l’interview Pierre
la questionne sur la tournée.
Mon amie la rose
Je veux qu’il revienne
Volubile et enjouée, la jeune chanteuse de 21 ans se confie à Pierre Lang sur
ses goûts (n’aime pas les dimanches), les tournées (l’idéal c’est de passer à Paris),
Le cinéma ( minimise son talent d’actrice) et se questionne sur l’avenir dans
Carrefour, le 27 mars 1965.
Pierre Lang
P : Françoise nous revenons sur ce problème des tournées à travers tous les pays qui vous tient éloignée  peut-être
     d’êtres qui vous sont chers que vous n’aimeriez pas quitter. Vous n’aimez pas tellement la tournée
F : Non Je n’aime pas du tout la tournée à cause de ça enfin ... le seul avantage de la tournée c’est quand vous vous
     levez le matin vous vous dites ce soir je passe sur scène  mais au fait il n’y a que ça dans la tournée la demi-heure
     que vous passez sur  scène et tout le reste du temps c’est très monotone, c’est le train-train et puis on est tout seul,
     on est vraiment loin de sa famille et des gens qu’on aime et tout ça
P : C’est vide
F : C’est très vide oui
P : Et cela vous le supportez difficilement
F : Je le supporte très très  difficilement ... dans la journée ça va parce qu’on est avec les gens de la tournée
    et qui la plupart du temps sont charmants ,enfin la tournée que je fasse maintenant avec Hugues Aufray
    est très bien pour ça parce que ce sont vraiment des gens avec qui on a plaisir à être ... mais autrement le soir
     après le spectacle c’est un peu triste
P : Vous vous couchez généralement vers quelle heure ?
F : Justement je me couche tard parce que comme je m’ennuie je me couche le plus tard possible pour me lever
    le plus tard possible
P : C’est- à-dire ?
F : Je sais pas ...vers 3, 4 heures
P : Et vous vous levez ?
F : 2 heures dans l’après-midi
P : Et ensuite vous visitez  lorsque vous êtes dans une ville
F : Oh non presque jamais , on prend la voiture et puis on va dans la ville qui vous attend après
P : Il y a quand même la préparation, la mise en place du matériel le soir sur scène
F : Ah oui l faut arriver dans la ville suivante à peu près vers six heures, ça dépend si c’est un cinéma ou une
    salle de spectacle, si c’est un cinéma en principe les films sont joués jusqu’à 6 ou 7 heures , alors on arrive
    à 7 heures pour faire une balance d’orchestre, on essaie les micros et tout ça et puis après on attend à l’hôtel
     que le  spectacle commence et après le spectacle on va diner. Voilà
P : Et cela vous l’avez fait depuis combien d’années maintenant ?
F : Je n’ai pas fait tellement tellement de tournées, ça fait 2 ans que je chante j’ai fait deux tournées d’été, une
     tournée d’hiver et là c’est donc ma quatrième tournée cette fois-ci
P : Est-ce que vous estimez en étant chanteuse et faisant ces tournées vous consentez un  sacrifice
F : Non pas du tout  je fais surtout des tournées pour faire travailler mes musiciens parce que quand on a des
     musiciens pour les garder il faut leur donner du travail et pour eux une tournée c’est l’idéale ...autrement
    je préfère 2 galas par semaine ça revient au même sur des tas de plans que faire une tournée
P : Qu’est-ce-que vous préféreriez, exactement, la salle fixe ?
F : En fait l’idéal pour moi c’est de passer à Paris là vous avez tout réuni, vous passez sur scène et puis vous ne
    quittez personne alors c’est formidable, c’est ça l’idéal. Malheureusement on n’y peut que passer je ne sais
     pas tous les deux ans ... au maximum.
P : Autre chose maintenant. Vous avez fait une brève incursion dans le domaine du cinéma et avec un succès.
F : Ah non ce n’était pas vraiment un succès ... enfin la critique n’était pas mal mais le film lui-même n’était pas
     un succès
P : Et vous n’aimez pas le cinéma je crois  Si ?
F : Si enfin  en tant que spectatrice j’adore le cinéma, c’est une autre chose qui me manque  énormément en
     tournée on ne peut pas aller au cinéma. Moi quand je suis à Paris je vais absolument tous les soirs au moins
     une fois et en tournée ce n’est pas possible malheureusement. Mais sans ça en tant qu’actrice c’est
     excessivement fastidieux
P : Pourquoi ?
F : C’est très très difficile il y a un tas de contraintes, c’est long, c’est ennuyeux, on passe sa journée à attendre ,
     il faut se lever..  je suis parfois au studio à partir de 10 heures du matin pour tourner, pour dire 3 phrases
     devant une caméra
P : Et pourtant le cinéma ne vous a pas fait des reproches , au contraire votre interprétation a été appréciée
F : Oui mais ça c’est vraiment un hasard enfin Ce n’est pas du tout sur un seul film qu’on peut juger
P : Mais la chanson reste votre domaine préféré ?
F : Ah oui de toute façon je n’ai jamais eu l’envie de faire du cinéma, j’ai toujours eu envie de chanter
P : Et cela vous estimez que votre vie est bien remplie jusqu’à maintenant  est-ce que vous souhaitiez
    étant petite, étant jeune est-ce que vous pensez l’avoir atteint maintenant
F : Oui mais enfin vous savez à partir du moment qu’on fait une chose c’est rare qu’on ne sent pas limité enfin
     et alors ça empêche de se sentir pleinement satisfaite, justement de sentir toutes les limites qu’on a
P : Vous vous sentez limitée ?
F : Évidemment je crois que tout le monde se sent limité dans quelque domaine que ce soit
P : Et jusqu’ou aimeriez-vous aller ?
F : Je ne sais pas je crois qu’il est possible d’arriver  à un stade où on se sent moins limité mais à ce moment la
    j’ai l’impression que ce qu’on fait doit vois intéresser un peu moins, on doit avoir envie de faire autre chose
     de plus important
P : Par exemple
F : Moi je ne sais pas justement  je me questionne je ne sais pas du tout ce que je ferais si m’arrête de chanter.
     C’est une question qu’on me pose évidemment très très souvent, je ne sais pas, je crois que ça sera
    une suite de circonstances
P : En tout cas  pour notre plaisir Françoise ne vous arrêtez pas de chanter puisque une nouvelle chanson
    encore cette fois...  le titre ?
F : Mon amie la rose
P : Merci
Provence Magazine 16/03/65
26 février   Montpellier  Régent
Du néo-yé yé nous passâmes, avec Françoise
Hardy, à l’archéo-yé yé. Grande, mince, sa
longue chevelure encadrant  son visage et
noyant ses épaules, toute de blanc vêtue, elle
a un charme incontestable que n’altère pas
une non moins contestable gaucherie.
Son jeu de scène est rudimentaire, sa voix se
meut dans un registre limité  : l’impression
de monotonie est inévitable, renforcée par la
trop régulière alternance d’une chanson à
rythme rapide et d’une chanson à rythme lent.
On ne peut dire que Françoise Hardy ait de
graves et obsédants problèmes ;  ce qu’elle
chante sont ce sont les petites amours, les
petites aventures, les petits chagrins et petits
caprices d’une jeune fille des beaux quartiers.
C’est gentil, c’est mignon, c’est parfois
touchant  : ça ne va pas bien loin.
Le Méridional 01/03/65
28 février   Grenoble  Théâtre Municipal
Puis est apparue, frénétiquement applaudie, en habit
blanc simple, jeune, mince et étroite, Françoise Hardy.
Un timbre de voix agréable.  À cela s’ajoute, de
manière exemplaire, l’insistance des mots et une
interprétation sensible et fine  du contenu  de tous les
textes. Son cœur semble rempli de romantisme, c’est
pourquoi elle privilégie aussi dans la chanson le
délicat et le sensible bien qu’elle soit également
capable de mettre des accents plus  puissants.
Françoise était incontestablement la reine de la
soirée  et nous ne manquons pas ici de lui rendre
hommage. Si jamais le mot « formidable » s’applique
à une personne ou à une performance., c’est ici le cas.
  Jours de France
N°  542  03/04/65
Notre amourette eut l’intérêt de
m’inspirer quelques chansonnettes
et de me sortir un peu de mon
extrême solitude, mais la
relation d’importance avec
Jean-Marie commença à se
dégrader.

Françoise Hardy
Chansons sur toi et nous  p.50
Ce petit cœur
Ah les tournées et l’absence de l’autre.  Hugues Aufray, connu pour ses liaisons extra-conjugales, séduit l’épouse  
du pianiste Marcel Hendrix et Françoise cherche à se consoler de l’absence de Jean-Marie Périer dans les bras de
Ronnie Bird.
Frédéric Quinonero  Un Long chant d’amour p. 117-119
Nouvelle revue de 20/02/65
La Sentinelle 27/02/65
L'Express 22/02/65
L'Impartial 22 février 1965
La Sentinelle 22 février 1965
Françoise Hardy et Eric Charden
Françoise Hardy et Hugues Aufray
Paris Jour  24/02/65
Février 1965 : Françoise Hardy chez Carita

(photo reçue de Françoise le 11 juillet 2022)
Magazine mexicain  30/07/65
Magazine finnois  13/11/65
Le comité des fêtes de Villerupt a présenté, en septembre 2017,  « Villerupt, le petit Olympia », l’album de son
50ème anniversaire ; un voyage dans le temps en images des manifestations qui ont accueilli une pléiade de
vedettes de la chanson. Sur la couverture figure Françoise Hardy qui s’est produite à Villerupt le 13 février 1965
.
Le spectacle de Françoise Hardy
a eu lieu dans la salle de l’hôtel
de ville de Villerupt (inaugurée en
janvier 1965) aura été l’une des
plus grandes salles du quart
nord-est dans les années 1960-70.
Brel, Brassens, Hendrix, Hallyday,
Dassin, Ferrat… la liste est longue.
Ils sont tous venus, ou presque.