Françoise s’enfuit dans les coulisses, après un autre faux départ, dû à ce sacré micro. Combien de fois vous allez me faire
ce petit jeu là!”s’écrie Françoise, vexée, en s’adressant à Lanzac quand elle doit se représenter pour chanter “L’amitié”.
De nouveau le micro ne marche pas. Il explique que ce sont les inconvénients et les charmes du direct où on ne peut pas
couper et monter. Elle finit son tour de chant  avec “L”amitié” sur générique de fin, dans sa mini robe bleue en tricot.     
22 janvier 1966   Pleins feux sur Claude Nougaro
Dans cette émission, réalisée au Moulin de la Galette
et proposée par Pierre Bellemare et les frères Rouland,
Claude Nougaro, le grand poète du jazz, accompagné
de ses musiciens, interprète ses derniers succès.

A ses côtés Claude a invité des amis artistes.
Jacques Martin, Jean Yanne (“Si tu t’en irais”),
Dionne Warwick (“Window wishing”) et
Françoise Hardy (“L’amitié”).
Jacques Audiberti est un écrivain, poète et dramaturge français, 
né le 25 mars 1899 à Antibes et mort le 10 juillet 1965 à Paris.
Son ami Claude Nougaro lui rend hommage cette même année 
avec sa Chanson pour le maçon (le père d'Audiberti).
Ce petit qu'il faut qu'on fusille
on le mena devant la croix.
Cigarettes, blancheur de fille,
il tira de sa poche, trois.

Une, il la mit à son esgourde,
l'autre à sa lèvre, et puis en l'air,
il jette son chapeau qui tourne
comme le soleil du désert.

La troisième, soit une sainte,
sur le calvaire il la perdit.
C'est elle qui poussa la plainte
puisque les hommes n'ont rien dit.
Françoise récite le poème Vera Cruz de Jacques
Audiberti en préambule de la chanson “L'amitié”.
Une interview insignifiante par Louis Bozon

Françoise Hardy quelles sont les questions que vous n’aimez pas qu’on vous pose p.e. “Combien de temps
mettez-vous pour faire une chanson , vous n’aimez pas ?”

“Non pas beaucoup parce que ça revient souvent, j’aime pas non plus toutes les questions ayant trait aux yéyés ,
c’est assez désagréable parce que c’est toujours un peu méchant, un peu aigri comme question.

“Que pensez-vous des yéyés ?”
“Je les aime beaucoup, de toute façon ce sont mes amis”

“Vous avez eu des questions bizarres, insolites dans la vie ?”
“Ca arrive aussi, la dernière fois que ça m’est arrivée, c’était une dame qui est venue dans ma loge à l’Olympia
et qui me demandait ce que je pensais du syndicalisme

“Et qu’est-ce que vous avez répondu ?”
“J”ai répondu qu’en pensez-vous .. pour me renseigner un peu parce que je ne connais grand-chose du syndicalisme

“Je vous ferai un cours je ne m’y connais pas mal. Quel est l’âge moyen de votre clientèle ?”
“Oh c’est difficile à dire, je ne sais  parce qu’il y a différents styles de clientèle ...la clientèle qui écrit, la clientèle
qui achète les disques, la clientèle qui vient vous voir”

“Celle qui achète vos disques à votre avis”
“A mon avis elle doit être assez jeune”

“Vous avez les snobs peut-être pour vous aussi...  en plus...  Non ... vous ne pensez pas ?
“Ca marche en général assez bien quand j’ai une clientèle snob devant moi”.

“C’est vrai au snob club ça marche assez bien. “Et puis vous aimez avoir des gens jeunes devant vous pour chanter
ou des gens vieux ?
“Ca m’est égal j’aime autant les uns que les autres”

“Depuis le mois de novembre il y a une chose dont je suis d’accord avec vous c’est l’amitié .
Au revoir Françoise Hardy”
Casquette marine et pantalon marin
France Gall : Nous ne sommes pas des anges
( Douce France ... Inter).
L’amitié
L’émission “Variations”, diffusée le 6 février , me semble enregistrée peu avant son départ pour San Remo. Elle
chante d’abord “La nuit est sur la ville” et puis “L’amitié” s’adressant à l’acteur Robert Liensol.
L’acteur Robert Liensol
A l'intérieur de ce Salut Des Copains  N° 44 (1/3/66), une dizaine de pages consacrées à Françoise et la moto sous l'objectif
de Jean-Marie Périer ... des images kitch façon roman-photo, les tenues vintage de l'époque, des bécanes qu'on aimerait
dans son garage  et une Françoise Hardy, certes toujours aussi peu souriante (c'est dommage), mais vraiment canon...
zecraignosmonstercycles.blogspot
L’amitié
Roger Lanzac annonce qu’on verra Françoise sous un angle assez particulier et on la voit la casquette, volée à
Jean-Marie Périer, sur la tête pour la chanson “Je t’aime”. Les fans reconnaissent  la casquette qui figure sur
la pochette de son dernier EP. Elle porte un pantalon de marin.
Mon amie la rose
Pour interpréter la chanson poétique “Mon amie la rose” Françoise a enlevé son blouson. “C’est très compliqué les
micros ici” dit Françoise en annonçant le prochain titre “Ce petit cœur ” où elle s’accompagne à la guitare.
Ce petit cœur
Photos Jean-Marie Périer
EPL Vogue  8411
Tu peux bien
Il se fait tard
Quel mal y a-t-il à ça ?
Je t’aime
Je t’aime
Dis-lui non
Françoise chante en direct 5 chansons.
L’émission démarre mal avec le micro qui n’est pas réglé  à la hauteur de Françoise. L’orchestre se met à jouer les
premières notes de “Dis-lui non”avant que la chanteuse n’a eu le temps de régler le problème. Ca prouvait que l’émission
était en direct. Peut-être elle aurait dû dire non à ce faux départ. Elle porte le magnifique blouson noir sur une tenue
blanche , un ensemble qu’on connait des pochettes de plusieurs disques.
L’article, regorgeant de noms, est uniquement illustré de photos de Françoise et prouve sa
popularité en Italie. Les photos sont prises dans son appartement (mansarde pittoresque) à
Paris. La photo ci-dessus démontre qu’elle étudie d’une façon appliquée la chanson que
Eduardo Vianello a écrite pour elle . Elle révèle que les chanteurs français sont divisés en
deux camps. A la tête du premier clan il y a Daniel Gérard qui a été exclu de la finale
l’année passée et qui veut retourner à San Remo pour une revanche éclatante. La plupart
des chanteurs français se range cependant dans le deuxième camp qui rejette le Festival.
Françoise porte la robe qu’on verra
dans le photo-roman  “Parlami di te”
dans les scènes localisées à Paris.
Le 22  janvier elle interprète “L’amitié”
dans l’émission “Pleins feux sur Claude
Nougaro” dans la même tenue.
Au Casino de San Remo, elle  portera sa
tenue de scène préférée , l’ensemble
blanc de Courrèges.
Dans un endroit isolé à Capo Nero (périférie de San
Remo) six personnes écouteront attentivement 216
chansons en compétition. Ils établiront une liste de 34
titres retenus qu’ils présenteront aux organisateurs du
Festival qui feront une sélection définitive de 26
chansons. Les interprètes vont s’affronter dans deux
demi-finales ( le 27 et 28 janvier) et 14 chansons
seront élues pour la grande finale le 29 janvier.
Françoise, tout comme Adriano Celentano, va défendre
sa chanson dans la deuxième demi- finale.
Le reste du mois de janvier se déroule en fonction de la promotion de la chanson “L’amitié” que Françoise interprète à
la télé : “Télé Dimanche”,  “Pleins feux sur Claude Nougaro ”, “Douce France” et “Variations”.
16 janvier 1966
On demande à Françoise Hardy de donner son avis sur ses collègues italiens
mais elle se gardera bien d’engendrer l’antipathie à un moment si précaire
(deux semaines avant San Remo) en portant un jugement négatif.

Elle dit que le festival est une loterie , qu’elle espère bien de passer le
premier tour. Elle a choisi la chanson “Parlami di te” parce que c’est une
belle chanson avec une mélodie facile à retenir. Elle se sent proche du
répertoire de Gino Paoli qu’elle trouve  très poétique . Elle estime que c’est
le plus français des chanteurs italiens. De 1965 elle retient surtout les
chansons “Il mondo” de Jimmy Fontana et “Se non avessi piu te”
( composition Ennio Morricone) de Gianni Morandi. Deux chansons qu’elle
voulait absolument enregistrer en français mais des collègues l’ont devancée.
Elle a un faible pour Gianni Morandi, pour elle c’est  la plus grande vedette
en Italie. Il possède, contrairement à Fontana, tous les atouts: la voix,
le physique et une présence scénique qui est exceptionnelle. Dans son auto-
biographie elle mentionne que Gianni, au début, avait hésité entre la boxe et
la chanson, seules voies accessibles à quelqu’un du peuple pour faire fortune.
Elle évite de se prononcer sur les chanteurs qu’elle connait peu.
( Bobby Solo, Mina). Elle apprécie beaucoup Adriano Celentano
sans vouloir commenter son “clan”. Celentano, lui seul, est
splendide, magnifique, adorable,...un personnage fascinant et
authentique (depuis elle n’a pas changé d’avis). Ses manies et
trouvailles témoignent d’une grande originalité. Elle se souvient
très bien que son apparition suffisait pour que le chahut se
transforme dans un silence religieux.

Elle trouve Rita Pavone très touchante et parfaitement sincère.
C’est une chanteuse de coeur, enthousiaste et loyale. La manière
dont ses chansons reflètent ses douleurs personnelles lui fait
penser à Edith Piaf.
On demande à Françoise son point de vue concernant les différences dans le monde de la chanson entre la
France, l’Angleterre et l’Italie. En France et en Angleterre la chanson serait un sujet secondaire, un peu
comme le sport. En plus limitée à qqs gens enthousiastes et les jeunes. En Italie par contre le publique a
50 ans de moyenne et la chanson est “pane nazionale”. Elle est  toujours surprise par l’enthousiasme avec
lequel le public italien accueille les chanteurs.

Elle est d’avis que des manifestations comme le festival de San Remo ou Cantagiro ( tour d’Italie pour la
chanson) ne trouvent leur équivalent nulle part au monde. Tant mieux pour les chanteurs mais elle est
consciente du revers de la médaille. Il y a les intérêts financiers qui jouent et toute une machinerie qui est
mise en marche. On est au
trust, pool et même mafia.

Elle a l’intention de partir pour San Remo aux alentours du 20 janvier après un passage à Londres pour
l’enregistrement des deux chansons du concours. (Il était question d’une seconde chanson qu’elle allait
interpréter à San Remo mais finalement on en est resté à “Parlami di te”).

Dernière question: “ Certa di vincere? ”
“ Certa di vincere, naturalmente ” répond Françoise qui a horreur de tout ce qui est concours, compétition
ou jeu.
Enrico Giufredi intervista a Parigi in esclusiva per “Novella”
la cantante numero uno di Francia (Novella 16 janvier 1966).
Janvier 1966 (1)
Françoise, à pieds nus, interviewée chez elle (Rue Rocher) quelques semaines avant sa tournée en Allemagne.
Le 11 janvier ,  à l’Elysées-Club, Françoise Hardy remet le prix
Auriol-Gilson au réalisateur Clive Donner pour le film 'Quoi de neuf
Pussycat' ? dans lequel elle tient un petit rôle (secrétaire de la mairie).
Clive Donner et le cast du film “What’s new Pussycat ?”
Mlle Age Tendre N° 16  01/02/66