|
Les grands (au sens lit et fig.) magazines italiens se ruent sur le festival qui est un phénomène lucratif. Début 1966 leurs articles font le tour des participants. Il y des certitudes et des rumeurs, des pourparlers, les petits scandales... Qui sera présent, qui formera un couple avec qui? Françoise, qui à cette époque est une star en Italie ( la chanson “devi ritornare”, adaption italienne de “Je veux qu’il revienne passe régulierement à la Rai), accorde plusieurs interviews dans son appartement à Paris. ( page 4 à 6).
Ce qui surprendra personne c’est la peur qui prend le dessus chez Françoise. Peur que sa voix ou sa mémoire la laisse en plan. Peur qu’elle ne passera pas le cap de la première soirée. Peur de l’atmosphère de compétition qui dominera le Festival. Peur qu’on malinterprète son début à San Remo, en disant qu’ elle participe parce qu’elle n’a rien à perdre vu une popularité descendante. Peur de la catastrophe parce que sa carrière, minutieusement construite, pourrait s’écrouler, bien au-delà de l’Italie. Elle redoute les trois minutes de trac dans la fosse aux lions. Elle se méfie aussi de la presse qui scande facilement la défaite quand on n’a pas la “chance” de gagner.
|