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“Il y eut aussi le festival de San Remo, un concours très populaire de chansons inteprétées par des chanteurs confirmés, dont toute l’Italie regardait la finale télévisée en direct. Les pressions conjuguées de mes maisons de disques française et italienne m’obligèrent à y participer.
Eduardo Vianello m’avait composé pour l’occasion Parla mi di te, une chanson trop pompeuse pour me plaire, mais, en même temps, il m’offrait sur un plateau Ci sono cose, un petit bijou qui, aujourd’hui encore, me met les larmes aux yeux. (Il est des choses).
Je garde un très mauvais souvenir de ma prestation: j’étais tétanisée au dernier degré par le trac et convaincue que cela s’entendait encore plus que cela ne se voyait. Etrangement, Adriano Celentano avait été éliminé lors de sa première sélection avec une chanson très supérieure à Parla mi di te et pour laquelle j’eus un coup de foudre immédiat, Il ragazzo della via Gluck. Les Italiens ont le sang chaud, c’est bien connu, mais je fus ahurie d’apprendre que, désespéré par son éviction, Celantano s’était jeté contre un mur avec sa voiture qui, par bonheur en souffrait plus que lui. Rentrée à Paris je fis des pieds et des mains pour enregistrer sa chanson en français. La maison où j’ai grandi eut autant de succès en France que, n’en déplaise au jury de San Remo, Il ragazzo della via Gluck en Italie.” ( Le désespoir des singes et autres bagatelles)
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