Aux oreilles de M. Faithfull:
deux cercles en Rhodoïd (MAT 18/04/66).

Son succès en 1965 a donc permis à Paco de s’attaquer à des pièces plus
importantes. En 1966 il fond sa propre maison de couture. Mais... les
traditionnalistes hésiteront longtemps à l’appeler “couturier”. On le
surnomme “le plastiqueur de la mode” ou “ le métallurgiste” ( verdict
rendu par Coco Chanel) mais l’enfant terrible de la mode s’en moque
bien. Il prétend que le tissu est épuisé et trouve que la notion du chic est
démodée.

Le 21 avril 1966 se déroule la présentation des
tenues de plage en Rhodoïd , signées Paco
Rabanne, au Crazy Horse Saloon par les
artistes maisons.
Le même mois on verra la première fois une
robe entière de Paco dans le Vogue britannique
et en mai c’est la couverture.

Et puis “Elle” en juillet 1966.
C’est Françoise Hardy portant
un extra-ordinaire maillot de bain en Rhodoïd blanc. Cette
photo est prise par son “fiancé” et mentor Jean- Marie Périer
qui l’avait emmenée en Egypte pour la photographier dans les
six tenues les plus “in” de l’été. Il faut se dire que “Elle”
avoisine un tirage d’un million d’exemplaires dans les sixties.

La série fut un grand succès et
Françoise fait la rencontre,
toujours sous l’impulsation de
Jean-Marie, de Rabanne et elle
lui demande de lui confectionner
une tenue de scène.

Jean-Marie adore agrandir
l’écart entre “l’image” de
Françoise et sa vraie personnalité
qui en est aux antipodes. On est
loin des débuts d’une Françoise,
sage dans sa robe sobre et triste.
Elle est aujourd’hui le porte-
drapeau de la mode futuriste.