FH: Sami et moi nous ne percevons pas plus de 5 millions d’anciens francs à nous deux. Cette balle le tue sans
nous enrichir pour autant. L’essentiel c’est le plaisir que je prends à tenir mon rôle. Le reste ne compte pas.

L’insolation, non plus, ne compte pas. Et les nouveaux signes extérieurs de richesse qui prouvent l’éclatante
réussite de Françoise Hardy “style 65” - ainsi sa Lancia Flavia décaptable, couleur gris métallisé - ne comptent
guère , à vrai dire, dans sa hiérarchie des valeurs. Ce qui compte ,c’est l’enthousiasme, chaque soir égal, du
public élégant et éclairé du Savoy... Elle entreprendra la tournée des plages début juillet et qui la conduira la
mi-septembre venue, de Barcelone à Munich, de Séville à Hambourg, de Zurich à Florence. Espagne, Allemagne,
Suisse, Italie: l’itinéraire estival de Françoise ferait plus d’un envieux. “ Ca sera mon plus bel été, dit-elle avec
optimisme, mais ca ne sera pas vraiment des vacances”. Les vacances? On er parlera seulement en novembre.

Dans
Cinémonde, paru le 22 juin 1965, on continue sur la même lancée

Une fille aux longs cheveux qui court éperdument...un coup de feu qui claque dans l’air surchauffé... Une fille
aux long cheveux qui roule sur les pierres brûlantes du chemin...Un homme en larmes qui se penche: c’est la
fin d’un grand amour qui meurt, tué d’une balle au coeur.
C’est aussi la séquence choc du film que Jean-Daniel
réalise en Grèce, et qui s’intitule précisément: “ Une balle au coeur”.

Il s’agit d’une histoire passionnée où l’amour et la haine flambent à chaque image, explique le jeune réalisateur
de “Pourvu qu’on ait l’ivresse” ( Grand Prix du court métrage à la Biennale de Venise 1958). Francesco, un
jeune aristocrate italien a été dépouillé de ses biens par un ancien gangster sicilien, Rizzardi: il rentre donc dans
son pays pour venger l’honneur de sa famille.

Vos rapports avec Sami Frey, le héros du film?

FH: Excellents et sans histoire. J’ai eu une aventure de coeur avec
lui. Il joue le rôle d’un aristocrate sicilien dont la Maffia a tué, l’un
après l’autre, tous les membres de sa famille. Elle lui a pris jusqu’à
son palais, la Maffia. Pauvre Samy! Il ne lui reste que sa peau.
Il finira avec une balle dans le coeur: la Maffia a des tireurs d’élite.
Samy et moi nous nous rencontrons dans un bouzouki, sorte de
charmant bistrot, où la tradition veut qu’après avoir bu un verre
on casse toute la vaisselle sur le plancher. Anna est une remar-
quable casseuse d’assiettes.

Votre cachet?