Francesco

C’est Sami Frey qui joue Francesco. Il est un comédien et acteur né le 13 octobre
1937 à Paris. Ses parents , d’origine juif polonais, meurent en déportation dans les
camps nazis durant la Seconde Guerre Mondiale. Il vit une enfance troublée par
cette guerre et les persécutions allemandes. Orphelin très jeune il est élevé par sa
grand-mère et une tante.

A dix-sept ans il s’incrit aux cours Simon et commence à faire de la figuration
Il sort premier de sa promotion et devient assistant-régisseur, puis obtient des
petits rôles à l’écran. Lorsque Clouzot l’engage pour
“La vérité” (1960) qui le
révèle au public, il a déjà une longue carrière théâtrale derrière lui. La liaison
avec Brigitte Bardot fera beaucoup parler de lui.

Regard sombre, visage émacié, mèche de cheveux noirs, Sami Frey apparaît dans
des rôles dramatiques de jeune premier romantique, notamment dans
“Thérèse
Desqueyroux”
de Franju. Afin de se déprendre de cette image il enrichit son
registre en acceptant des rôles plus comiques mais son talent s’exprime surtout
dans des rôles sensibles. Il est très discret et se tient à l’écart des journalistes.
Il joue dans les films du “Nouveau Vague” sous la régie de Varda (
“Les fiancés
du pont Mac Donald
” et “Cléo de 5 à7” ), et Godard ( “Bande à part” 1964).

En 1964 , en tournant
“Avec amour et avec rage” (l’apprentissage sentimental et politique d’un jeune florentin)
de Campanile , il tombe de nouveau amoureux de la star: Catherine Deneuve. La sépara-
tion due au tournage de
“Une balle au coeur” aboutit à une rupture. Il tournera encore
avec Catherine dans deux autres films :
“Manon 70” (1967) de Aurelet et “Ecoute voir”
(1978) de Santiago. Sami Frey a toujours su mener de front une carrière impressionante
au cinéma et au théâtre. Il a eu plusiers nominations pour le Molière du comédien.
Il a aussi mis en scène.

Il partage l’affiche avec Delphine Seyrig (et puis sa vie jusqu’à sa mort en 1990) dans
“Le journal d’un suicide”
(1971), film franco-serbe de Stanojevic. Il joue un jeune guide touristique
qui est intrigué par la beauté de son interprète. On les retrouve dans
“Le
jardin qui bascule
” (1974) de Gilles, d’autres films et pièces de théâtre.

En 1972 il fait une rentrée remarquée en
“César et Rosalie” de Sautet où il
campe un prétendant entraîné dans un triangle amoureux ( Romy Schneider et Yves Montand).


















Il joue un père de famille qui établit le contact avec sa fille grâce à la
vidéo dans
“La vie de famille” de Doillon (1984).

Sami Frey est un acteur très apprécié et prolifique
(plus de 50 films à son actif) qui joue dans des
films difficiles.

Retournons au personnage de Francesco dans “Une Balle au Coeur”
Si absurde que paraisse le destin de cet étrange Sicilien, coupé volontairement d’un monde qui, un peu par sa
faute, devient hostile et cruel, nous ne voyons bientôt plus en lui qu’un symbole de la solitude. Cette solitude,
Sami Frey la rend sensible, et il suffit de regarder son visage désespéré et tendu, d’observer son comportement
d’homme déchu et traqué pour être touché. Grâce à lui - Pollet d’ailleurs ne le quitte pratiquement jamais -
on ne tient plus compte des invraisemblances du drame et de ses péripéties. ( Le Monde 26/02/66).