Raison supplémentaire pour ne pas accepter n’importe quel rôle. Cela ne veut pas dire qu’elle ait renoncé
définitivement à paraître dans un film ni qu’elle exige des rôles importants, des films à grande diffusion ou des
metteurs en scène de réputation mondiale. Mais elle ne veut tourner que quand cela lui plaît et surtout sans rien
sacrifier de sa vraie carrière, qui reste la chanson. Les propositions n’ont pas manqué au cours de ces deux années.
Il ne s’en est trouvé aucune que Françoise ait cru bon d’agréer.

SALUT LES COPAINS (N° 37 du 1/8/65) ne pouvait pas manquer au rendez-vous. Le reportage est illustré de
photos du tournage de la scène finale de Françoise où elle meurt d’une balle au coeur.

Depuis “Château en Suède”, deux ans déjà, on n’avait plus revu
Françoise sur les grands écrans. Sa première création avait été
saluée par la critique comme celle d’une comédienne au talent
prometteur. Tous les observateurs objectifs s’accordaient à trouver
en Françoise une personnalité intéressante pour notre cinéma,
assez pauvre en jeunes talents originaux (dans le domaine des
interprétes tout au moins). Visage très photogénique, type peu
commun et bien défini, sensibilité certaine, goût artistique sûr,
intelligence des choses et du coeur, toutes ces qualités pouvaient
tenter plus d’un producteur en quête de personnage. Pourtant, elle
n’avait plus reparu dans un film. On peut se demander les raisons
de cette éclipse.

Françoise adore le cinéma, en spectatrice.
C’est une cliente assidue des salles obscures.
Elle n’y va pas voir n’importe quoi. Elle a
ses metteurs en scène préférés, nourrit pour
quelques-uns une véritable admiration. Elle
a en la matière des goûts bien arrêtés, se
passionne pour tout ce qui sort et tient à se
tenir au courant. Bref, elle “s’y connaît”.
Mais elle considère que le cinéma n’est pas
son métier, elle est d’abord et avant tout une
chanteuse. Elle a un trac terrible devant la
caméra et se sent mal à l’aise sur un plateau.

Mais la Maffia ne lâche pas aussi facilement ses proies. Les tueurs arrivent. Alors, reprenant la tactique du jeune
Horace dans son combat contre les Curiaces, Francesco attire délibérément ses assassins et s’enfuit afin de forcer
ses agresseurs à se disperser. Sautant d’une île à l’autre, suivi d’Anna, il les abat un à un. Le dernier combat sera
fatal à Anna. Cette action inexorable a lieu au milieu du paysage grec fait de pierres, de soleil et de mer, d’une
admirable beauté, certes, mais auquel la dureté de la lumière et la sécheresse donnent un caractère torturé et
violent qui convient parfaitement au déroulement d’une tragédie.

Et, au mois de novembre dernier, on lui a présenté un jeune metteur
en scène, Jean-Daniel Pollet, qui cherchait une personnalité neuve
pour son premier grand film commercial. Il s’agissait d’incarner une
jeune fille grecque (?) dont le héros de l’histoire (Sami Frey) s’éprend
et qu’il entraîne avec lui dans sa fuite.

Car ce film est une poursuite au
rythme rapide et violent misérie
noire mi-tragédie antique.
Francesco, jeune aristocrate
sicilien, a suscité la colère de la
Maffia; pour lui échapper et pour
gagner du temps il se réfugie dans
les îles de l’archipel grec. Là, dans
un bouzouki il rencontre Anna.